Le syndrome post-soins intensifs, facette méconnue de la pandémie

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Près de la moitié des patients éprouvent des problèmes physiques et psychiques après leur sortie d'hôpital. Des solutions existent.

On sort rarement complètement retapé des soins intensifs. D’après une étude du KCE, le centre fédéral d’expertise en matière de soins de santé, 40% des patients qui sont passés par les soins intensifs (pas nécessairement pour cause de Covid) sont confrontés à une "faiblesse musculaire extrême", tandis que 20 à 35% doivent affronter des problèmes psychiques tels que pertes de mémoire, troubles cognitifs, difficultés de s’exprimer, dépression. "Le syndrome post-soins intensifs est une des facettes méconnues de la pandémie", estime le KCE.

Ces problèmes psychologiques peuvent également se manifester chez 20 à 50% des proches de patients, qui ont eux aussi traversé une période extrêmement stressante.

40%
40% de ceux qui travaillaient avant leur maladie n’étaient pas retournés au travail un an après la sortie de l’hôpital.

Groupes d'entraide

Pour soigner ces syndromes de stress post-traumatique, on a le plus souvent recours à la kinésithérapie et aux centres de revalidation. Le KCE préconise pour sa part d’y ajouter les groupes d’entraide pour ex-patients et leurs proches. Très prisés en Scandinavie, les journaux de bord tenus par le personnel infirmier ou les familles aideront quant à eux à combler a posteriori les "trous noirs" dans les souvenirs des patients afin qu’ils puissent mieux comprendre ce qui leur est arrivé.

Les journaux de bord tenus par le personnel infirmier ou les familles aideront à combler a posteriori les "trous noirs".

Enfin, 40% de ceux qui travaillaient avant leur maladie n’étaient pas retournés au travail un an après la sortie de l’hôpital et ce chiffre stagne aux alentours de 32% après 4 ou 5 ans. Ceux qui reprennent le travail sont souvent confrontés à des pertes d'emploi, des changements de poste ou de profession, ou des réductions de leurs heures de travail. D’où l’importance que les employeurs puissent être sensibilisés aux conséquences d’un séjour en soins intensifs.

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