Le testing général des maisons de repos s'organise

Les maisons de repos concentrent près de la moitié des décès liés au Covid-19. ©Photo News

La Wallonie a reçu près de 67.000 kits de la part du Fédéral. L'opération se déroulera dans les trois prochaines semaines. D'abord là ou le Covid-19 fait le plus de ravages.

Philippe De Backer a arrondi les angles avec ses experts scientifiques dès samedi. Le ministre Open Vld en charge de l'approvisionnement du pays en matériel médical a donc pu lancer les dépistages massifs du Covid-19 dans les maisons de repos. Pour rappel, jusqu'à la fin de la semaine dernière, les conseils scientifiques du gouvernement fédéral estimaient que le temps de dépister les malades potentiels ne présentant pas les symptômes n'était pas encore venu. 

L'urgence dans les maisons de repos a changé la donne. Dimanche, une réunion interministérielle a permis d'organiser cette première vaste campagne de tests avec les Régions. La Wallonie annonçait lundi avoir reçu du Fédéral près de 67.000 tests qu'elle se chargera de distribuer dans les 602 maisons de repos dont elle a la responsabilité, en fonction du degré d'urgence dans chaque établissement. Le testing doit commencer mercredi, confirmait le cabinet de la ministre wallonne de la Santé Christie Morreale (PS). Notamment grâce à la médecine du travail, qui s'est proposée pour coordonner l'opération.

"Cette organisation du testing sera évaluée et réajustée au regard des chiffres et données fournis quotidiennement par les maisons de repos."
Christie Morreale
Ministre wallonne de la Santé

A Bruxelles, ce sont 19.300 tests qui seront effectués dans les trois semaines à venir dans les 146 maisons de repos de la Région-Capitale. Le public cible de cette phase de dépistage sera le même dans tout le pays: le personnel soignant des établissements non testé, tant les membres du personnel présents sur le terrain que ceux écartés, ainsi que tous les résidents non testés, précise le gouvernement wallon. 

"La Wallonie a décidé de commencer par tester, sur l'ensemble du territoire, les gros clusters, les petits clusters pour ensuite terminer par les maisons de repos sans cas suspectés ou déclarés à la date d'aujourd'hui, précise le cabinet de Christie Morreale. Cette organisation du testing sera évaluée et réajustée au regard des chiffres et données fournis quotidiennement par les maisons de repos."

Ecartement de 7 jours

Les résidents testés positifs, en fonction de leur état, seront soit transférés en milieu hospitalier, soit pris en charge dans leur home. Pour le personnel soignant, plusieurs cas de figure sont prévus.

Pour le personnel asymptomatique d'abord. S'il est négatif, il continue de travailler normalement. S'il est positif, la règle veut qu'il soit écarté pour 7 jours. Si le manque de personnel dans son établissement ne le permet pas, il peut continuer à travailler, "moyennant le port d’un masque chirurgical et l’observation des mesures d’hygiène des mains, uniquement dans un service Covid", précise la procédure retenue.

Tout savoir sur le coronavirus Covid-19

La pandémie de coronavirus Covid-19 frappe de plein fouet la vie quotidienne des Belges et l'économie. Quel est l'impact du virus sur votre santé et sur votre portefeuille? Les dernières informations et les analyses dans notre dossier. 

Par thématique:

Quant au personnel soignant présentant un ou plusieurs symptômes du virus, s'il est testé négatif, il peut continuer à travailler. S'il est positif, soit l'isolement à domicile pour 7 jours est de mise, soit il devra porter le masque à tout moment dans l'institution pendant 14 jours et jusqu'à disparition complète des symptômes, précise le protocole.  

Près de 45% des décès liés au Covid-19 en Belgique sont déclarés dans les maisons de repos. Lors de la conférence de presse de lundi du SPF Santé publique et du Centre de crise, ces tests ont été déclarés "utiles". "Les personnes qui sont symptomatiques peuvent être infectées par ce coronavirus mais peuvent aussi avoir d'autres maladies. Faire la part des choses est donc quelque chose de nécessaire", a commenté le virologue Emmanuel André.

"Toutefois un patient asymptomatique qui n'est pas infecté au moment précis du test peut se révéler positif quelques jours plus tard", prévient toutefois son confrère Steven Van Gucht.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité