Le variant brésilien, nouvelle menace?

Plusieurs pays européens ont suspendu les vols en provenance du Brésil. ©AFP

En Belgique, les contaminations dues au variant brésilien sont peu nombreuses. La vigilance reste toutefois de mise.

Bien qu'il concerne moins de 3% des nouvelles contaminations en Belgique, le variant brésilien ne doit pas être pris à la légère. Et pour cause, celui qu'on identifie comme "P1" semble plus résistant à certains vaccins contre le Covid, mais aussi beaucoup plus contagieux que d'autres variants.

À l'instar de son homologue sud-africain, "P1" est en effet porteur de la mutation E484K, qui pourrait, selon certaines études, entraîner plus de réinfections que les autres souches.

Un variant plus mortel?

Au Brésil, où il est apparu en décembre, la situation sanitaire n'a d'ailleurs pas cessé de s'aggraver. Aujourd'hui, les services de soins intensifs du géant sud-américain sont saturés et majoritairement occupés par des personnes de moins de 40 ans. "Ces malades plus jeunes présentent à leur arrivée des cas plus graves", note le docteur Ederlon Rezende, coordinateur d'une étude de l'Association brésilienne des soins intensifs (AMIB).

66.500
Morts
En mars, 66.500 personnes sont décédées à cause du Covid-19 au Brésil.

Rien que le mois dernier, 66.500 décès dus au Covid ont été enregistrés dans ce pays, soit plus du double du précédent record qui remontait à juillet 2020. Peut-on en tirer la conclusion que le fameux variant est plus dangereux? Pour l'heure, aucune étude n'atteste que "P1" est plus mortel que les autres souches. Selon Jesem Orellana, chercheur de l'institut brésilien Fiocruz, l'explosion des décès au Brésil serait surtout due à la saturation des hôpitaux, "parce que le variant est plus contagieux, mais aussi à cause d'un relâchement de la population, qui adhère moins aux mesures de restriction".

Vols suspendus

En Europe, l'inquiétude grandit sans cesse. Après le Portugal et le Royaume-Uni, la France a annoncé mardi soir qu'elle suspendait jusqu'à nouvel ordre tous ses vols en provenance du Brésil.

"Il faut prendre des mesures draconiennes de prévention."
Catherine Fonck
Cheffe de groupe cdH à la Chambre

La Belgique, qui ne dispose pas de liaison aérienne directe avec le pays sud-américain, n'est pas à l'abri pour autant. Dans les prochains jours, les ministres de la Mobilité se concerteront avec leurs homologues des pays voisins afin d'adopter une approche "coordonnée" sur la question, a précisé le Premier ministre, Alexander De Croo, à l'issue du Codeco.

Pour la députée fédérale Catherine Fonck (cdH), il faut absolument que "des mesures draconiennes de prévention" soient prises. Rappelant que des personnes venant du Brésil peuvent notamment atterrir à Francfort, elle plaide pour une quarantaine "obligatoire et contrôlée" de celles qui rejoindraient ensuite notre territoire.

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