Le variant indien 60% plus contagieux que le variant britannique du coronavirus

La vaccination représente un obstacle redoutable au variant delta du coronavirus. ©EPA

Selon une étude des autorités sanitaires britanniques, le variant delta du coronavirus, qui a émergé en Inde, serait 60% plus contagieux que le coronavirus précédemment présent dans le pays.

Le variant indien du coronavirus (ou delta, selon sa nouvelle dénomination décidée par l'Organisation mondiale de la santé), désormais dominant au Royaume-Uni, est 60% plus contagieux que son prédécesseur dans le pays. Le ministre de la Santé Matt Hancock avait récemment évoqué le chiffre de 40%.

"Si la vaccination, notre meilleure défense, réduit le risque de maladie grave, elle ne l'élimine pas."
Jenny Harries
Directrice générale de l'Agence de sécurité sanitaire britannique.

Selon une étude des autorités sanitaires britanniques (Public Health England) publiée vendredi, 42.323 cas (contre 29.892 il y a une semaine) de ce variant identifié en Inde ont été détectés au Royaume-Uni, où il représente plus de 90% des nouveaux cas.

Pas de flambée des hospitalisations

Public Health England juge toutefois "encourageant" d'observer que cette augmentation ne s'accompagne pas d'une augmentation des hospitalisations dans les mêmes proportions. Un millier de patients atteints par le coronavirus se trouvent actuellement dans les hôpitaux britanniques.

"Les données indiquent que le programme de vaccination continue à atténuer l'impact de ce variant" chez les populations où le nombre de personnes ayant reçu deux doses de vaccin est élevé, souligne l'organisme public. Si "la vaccination, notre meilleure défense, réduit le risque de maladie grave, elle ne l'élimine pas", a souligné Jenny Harries, directrice générale de l'Agence de sécurité sanitaire britannique.

Vers un report de la levée des restrictions

Pays d'Europe le plus durement touché avec près de 128.000 morts, le Royaume-Uni a déployé une campagne de vaccination massive, qui a permis d'administrer deux doses à plus de 77% des adultes en six mois.

3,9%
des infections
Le variant delta gagne du terrain en Belgique. Il représente actuellement 3,9% des infections.

Après un long confinement hivernal, le gouvernement a progressivement supprimé les restrictions, mais la levée des dernières mesures, initialement prévue le 21 juin, est menacée par la récente hausse des contaminations, qui dépasse les 6.000, voire 7.000 nouveaux cas par jour. Selon le quotidien The Times, le gouvernement de Boris Johnson envisage à présent de reporter cette date de quatre semaines. L'annonce de la décision est attendue lundi.

En augmentation en Belgique

Le variant delta gagne également du terrain chez nous, sa présence étant en augmentation dans les résultats des tests covid. Il représente actuellement 3,9% des infections en Belgique. "Tout porte à croire que ce variant l'emportera de plus en plus sur les autres présents sur notre territoire", a prévenu le virologue Yves Van Laethem lors de la conférence de presse du centre de crise ce vendredi.

Ce variant peut encore provoquer de nombreuses infections, spécialement dans un groupe d'âge jeune à moyen qui n'a pas encore été touché par la vaccination et qui a de plus en plus de contacts. Les variants sud-africain (Beta) et brésilien (Gamma) représentent respectivement 1,3% et 9% des dépistages.

Face à ce nouveau risque, la taskforce Vaccination avait plaidé, en début de semaine, pour relever l'objectif de vaccination, initialement porté à 70%. "Deux doses de Pfizer, Moderna et AstraZeneca sont donc nécessaires. Ce n'est qu'à cette condition que vous serez pleinement protégé contre les variantes plus agressives du virus. Une seule injection du vaccin de Johnson & Johnson offre également une protection suffisante", avait précisé, mardi, la porte-parole de la taskforce Vaccination, Sabine Stordeur.

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