Les annulations de dividende vont creuser le déficit

Le gouvernement de Sophie Wilmès pourrait avoir encore plus de difficultés à financer ses mesures si les actionnaires perçoivent moins de dividendes et versent donc moins de précompte mobilier dans les caisses de l'État. ©BELGA

Les recettes du précompte mobilier vont reculer et les dividendes versés à l’État-actionnaire vont baisser. Il pourrait y en avoir pour plus d'un milliard d'euros de manque à gagner. Et au passage, le déficit budgétaire va s’aggraver.

KBC et ING ont annoncé ce lundi qu’elles suspendaient le versement de leur dividende final portant sur l’exercice 2019. Elles suivent ainsi l’avis de la Banque centrale européenne. L’autorité de contrôle a demandé vendredi que les banques s’abstiennent de payer des dividendes jusqu’au 1er octobre. Elle souhaite renforcer les réserves de capitaux des banques pour maintenir les crédits aux entreprises fortement touchées par la crise du coronavirus.

900 millions
d'euros
Si les investisseurs particuliers perçoivent un tiers de dividendes en moins, cela pourrait coûter non loin de 900 millions d'euros à l’État belge.

Plusieurs entreprises non financières avaient déjà indiqué qu’elles supprimaient leur dividende à cause de l’impact de cette crise sur leur chiffre d’affaires et leurs bénéfices. Il s’agit notamment des sociétés cotées Deceuninck, Kinepolis, Roularta, Umicore et Van de Velde.

La suppression de ces dividendes est une mauvaise nouvelle pour le gouvernement fédéral. Le précompte mobilier perçu sur les dividendes a rapporté près de 2,7 milliards d’euros en 2019.

Si les investisseurs particuliers perçoivent un tiers de dividendes en moins, cela pourrait coûter non loin de 900 millions d'euros à l’État belge. La réduction de 50% du dividende d’AB InBev l’an dernier avait privé le Trésor public de 350 millions d’euros de précompte. Plusieurs analystes s’attendent à ce que le géant brassicole réduise à nouveau – voire supprime – son dividende cette année.

État-actionnaire

La réduction du précompte mobilier perçu n’est qu’une partie du manque à gagner dont souffrira l’État belge, qui perçoit également des dividendes en tant qu’actionnaire. Si la banque française BNP Paribas supprime son dividende, cela coûtera près de 300 millions d’euros à l’État qui, avec 7,7% du capital, est le principal actionnaire de la banque. Le dividende final de Belfius – aujourd’hui remis en question – représente 100 millions d’euros. Comme l’a indiqué son CEO Marc Raisière dans L’Écho de samedi dernier, Belfius prendra une décision jeudi.

Détenu par l’État belge à hauteur de 50%, Proximus a annoncé ce mardi une réduction pour les trois prochaines années de son dividende. Il sera ainsi de 1,20 euro (brut) contre 1,50 euro jusqu'ici prévu. Il s'agit d'un manque à gagner pour l'Etat de 54,3 millions sur les 271,3 millions escomptés. Le nouveau CEO Guillaume Boutin précise par ailleurs que ce montant est à considérer comme un plancher, et sera confirmé chaque année par l'assemblée générale des actionnaires. Bpost, également pour moitié aux mains de l’État, a lui décidé de supprimer son dividende final.

Selon certaines sources, la Banque nationale évaluerait à 20 milliards d’euros le déficit supplémentaire provoqué par la crise du coronavirus. Ce lundi, le Trésor public a annoncé de nouvelles émissions obligataires pour financer la hausse du déficit.

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