Les banques au chevet des entreprises frappées par le virus

Certaines entreprises subissent la crise consécutive à la pandémie de plein fouet et réclament un ballon d’oxygène rapidement. ©AFP

Febelfin annonce des mesures de soutien pour les entreprises en difficulté. Les banques agiront au cas par cas, et comptent sur la garantie des autorités publiques pour l'octroi de nouveaux crédits.

Vendredi dernier, alors que tous les cafés et restaurants du royaume s’apprêtaient à fermer leurs portes et que de nombreuses entreprises tournent au ralenti, le secteur bancaire affirmait sa volonté de soutenir l’économie belge, mise à rude épreuve. "Nous jouerons notre rôle", avait alors affirmé Max Jadot, le CEO de BNP Paribas Fortis, à l’occasion de la présentation des résultats de la première banque du pays.

Febelfin demande aux entrepreneurs en difficulté de prendre contact avec leur banque dès que possible.

Ce mardi, on apprenait que les quatre grandes banques du pays (Belfius, BNPPFortis, ING, KBC) étaient parvenues à un accord pour venir en aide aux entreprises mises en difficulté par la crise du coronavirus. Les autres établissements actifs dans l’octroi de crédit aux entreprises (corporate finance) se sont joints à l’initiative dans un second temps.

L’accord, dont la substance n’a pas encore été communiquée officiellement, consiste à accorder des facilités de crédits pour les prêts déjà existants (échelonnement, suspension de remboursement en intérêts et/ou en capital) ou des crédits supplémentaires pour les sociétés en manque de liquidités en raison de la crise.

Garanties publiques

90%
de garantie publique
En France, la Banque publique d'investissement garantit désormais jusqu'à 90% des prêts bancaires aux entreprises.

En fin d’après-midi, Febelfin, la fédération sectorielle bancaire, indiquait examiner conjointement avec le ministre des Finances Alexander De Croo et la Banque nationale de Belgique "dans quelles conditions un système de garanties pourrait apporter un soutien plus large encore" que ce qui a déjà été prévu. En France par exemple, la Banque publique d'investissement garantit désormais jusqu'à 90% des prêts bancaires.

Parmi les initiatives déjà lancées, à Bruxelles, l’exécutif a prévu une enveloppe de 20 millions d’euros via le Fonds bruxellois de garantie. En Wallonie, la Sowalfin a activé au début du mois son fonds d’urgence, dégageant une centaine de millions d’euros. Le secteur bancaire entend utiliser au maximum les outils publics mis à dispositions pour l’octroi de nouveaux crédits.

Febelfin demande aux entrepreneurs en difficulté de prendre contact avec leur banque dès que possible

Les banques agiront "au cas par cas". Certaines entreprises n’éprouvent actuellement aucune difficulté particulière et n’ont dès lors pas besoin d’aide. D’autres subissent la crise consécutive à la pandémie de plein fouet et réclament un ballon d’oxygène rapidement. L’objectif est de soutenir les entreprises "solides" avant l’éclatement de l’épidémie, selon le communiqué de Febelfin.

Spectre d'une vague de faillites

Les aides seront bien nécessaires pour les petites entreprises. "En temps normal, les trois secteurs enregistrant le plus de faillites sont l’horeca, le commerce de détail et la construction", explique Christine Mattheeuws, présidente du Syndicat neutre pour indépendants (SNI).

Si elle salue les efforts déjà réalisés par les autorités pour soutenir les entreprises, elle estime que "ce qui est sur la table n’est pas suffisant". Elle s’interroge sur la définition d’une entreprise "solide" avant le début de la crise et donc propre à bénéficier d’un soutien bancaire.

Les agences bancaires ne recevront plus leurs clients que sur rendez-vous

Febelfin annonce que les agences ne recevront plus leurs clients que sur rendez-vous à partir de ce mercredi. L'organisation demande dès lors d'effectuer toutes ses opérations quotidiennes en ligne et de ne se rendre au comptoir de leur établissement "qu'en cas d'affaires très urgentes". Jusqu'à présent, les agences restaient normalement ouvertes le matin en semaine. Les services bancaires demeureront assurés.

 

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