Les CEO doivent dès maintenant préparer l'après crise

Relancer l'activité dans un centre d'appels ne se fera pas en un jour, rappelle le cabinet conseil qui enjoint les CEO à anticiper la reprise. ©BELGA

Le bureau de conseil stratégique Arthur D. Little a écouté les CEO d'une série de pays dans le monde. Les dirigeants ont très majoritairement mis le paquet sur la santé de leurs collaborateurs et le cash de leur société, mais très peu ont commencé à préparer la reprise.

Les CEO des grandes entreprises se préoccupent encore trop peu de la relance de leurs activités après la crise. C'est la conclusion d'un sondage qu'a effectué le cabinet de conseil stratégique Arthur D. Little auprès d'un panel de CEO à double composition: des dirigeants d'entreprises de trois pays en première ligne de la pandémie, l'Italie, Hong Kong et Singapour, qui ont partagé leur expérience avec des CEO venus de partout dans le monde. Ces données ont été recueillies auprès de quelque 300 intervenants au total.

"Face à l'urgence, les CEO se sont très rapidement adaptés, mais très peu se sont demandé comment sortir de la crise."
Florence Carlot
Principal chez Arthur D. Little SA

"Face à l'urgence, les CEO se sont très rapidement adaptés, mais très peu se sont demandé comment sortir de la crise", résume Grégory Pankert, partenaire du cabinet-conseil. 95% des CEO interrogés ont pris des mesures pour assurer leur trésorerie à court terme et 82% d'entre eux ont pris des actions pour assurer la santé et la sécurité de leur personnel. Mais à peine 23% d'entre eux ont commencé à revoir leur stratégie et leurs investissements et 9% seulement ont entrepris d'examiner les implications du "nouveau monde" sur leur modèle d'affaires.

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"C'est pourtant aujourd'hui qu'ils doivent penser à l'après-crise", insiste Florence Carlot, principal chez AD Little. "Il faudra réallouer des ressources, des priorités et des capacités de production. Il faut anticiper cela dès à présent car on ne relance pas une usine ou un centre d'appels du jour au lendemain."

Quatre scénarios pour après

Reste à voir si "demain" sera différent. "Il y a un certain nombre de tendances de fond qui pourraient changer fortement, poursuit Pankert. Nous les avons modélisées autour de deux axes. On table sur un mouvement de balancier entre la tendance à plus d'intervention étatique au niveau de la production et des chaînes d'approvisionnement (qui pourraient se voir relocalisées), et la tendance à davantage de globalisation. On pourrait aussi assister soit à une accélération de la digitalisation, soit au contraire, en cas de crise économique prolongée, au retour d'une main-d’œuvre bon marché."

"Il est difficile pour un CEO aujourd'hui d'ignorer simplement les nouvelles normalités qui se mettent en place."
Grégory Pankert
Partner chez Arthur D. Little SA

Ces deux axes ont fourni quatre scénarios de base pour l'avenir. "Il est difficile pour un CEO aujourd'hui d'ignorer simplement les nouvelles normalités qui se mettent en place, conclut Grégory Pankert. Ces quatre scénarios sont tous probables et auront des implications sur la vie des entreprises." Avec des applications régionales. On pourrait par exemple voir les pays européens privilégier la formation de communautés locales durables tandis que les pays d'Asie continueraient de faire la part belle à la globalisation, avec l'Amérique du Nord qui "flotterait" entre ces deux extrêmes.

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