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Les classes de maternelles pourraient rentrer en juin

Alors que les classes maternelles ne semblaient pas concernées par un retour en classe lors de cette année scolaire, cela pourrait changer. ©AFP

Les appels se multiplient pour faire rentrer un maximum d'enfants à l'école au plus vite. Les experts doivent décider si les mesures de distanciation peuvent être allégées. Sinon, ce n'est pas possible de caser autant d'enfants...

Le monde de l'enseignement néerlandophone s'était accordé en fin de semaine dernière pour relancer tout l'enseignement maternel, primaire et les deuxième et quatrième années de l'enseignement secondaire à partir du 2 juin. Et en Wallonie, et à Bruxelles? L'intention est là également. 

Les francophones ont été piqués au vif par la sortie de Ben Weyts, le ministre flamand de l'Enseignement. Parce qu'eux aussi ont bien entendu les appels des experts. "Permettre aux enfants de retourner à l’école et en collectivité est indispensable pour éviter des effets collatéraux", ont ainsi écrit 269 pédiatres dans la presse. De nombreux psychologues ou acteurs du terrain social se sont aussi inquiétés des effets du confinement sur les plus jeunes

Qu'en pensent les experts?

"Mais ce n'est ni à Ben Weyts ni à Caroline Désir de décider", insiste le porte-parole de la ministre de l'Éducation à la Fédération Wallonie Bruxelles. Alors, les classes maternelles rentreront-elles début juin dans toute la Belgique? Et les autres? "On veut remettre ce dossier sur la table du Conseil national de Sécurité (CNS). Jusqu'ici, les experts ont balayé l'idée à cause de la distanciation sociale difficile à respecter. Mais désormais, on connaît mieux le virus. On a donc reposé la question au GEES (le groupe d'experts chargés de la stratégie de déconfinement, NDLR) et selon le retour de celui-ci, le CNS pourra se positionner", explique Jean-François Mahieu, le porte-parole de Caroline Désir.

"Si c'est pour recréer la confiance, retisser des liens avec les élèves en décrochage, tant mieux. Mais ça ne doit pas être pour faire du bourrage de crâne pendant quatre semaines."
Roland Lahaye
Secrétaire général de la CSC Enseignement

Dans les conditions actuelles, il apparaît impossible d'organiser un retour massif à l'école. On ne peut pas pousser les murs, or il faut une distance de sécurité entre chaque pupitre... Il faudrait donc que les experts acceptent d'alléger les mesures. En Flandre, les silos ont ainsi déjà été élargis: ils sont de 14 élèves alors que la FWB respecte le principe de 10 enfants par classe.

Pas obligatoire

Le prochain CNS est attendu le 3 juin et les francophones comptent bien respecter l'avis de celui-ci. Mais plusieurs décisions ont déjà été prises et annoncées en dehors de ce CNS, comme l'organisation de camps de vacances cet été, qui a été prise vendredi par le comité de concertation rassemblant le Fédéral et les entités fédérées. Si un changement est annoncé pour les écoles, celles-ci devront s'organiser. Tout en sachant que, comme pour la rentrée de ce 25 mai (qui concernait la première et la deuxième primaire, la deuxième secondaire ainsi que les élèves à difficultés), les établissements scolaires ne sont pas obligés, dès le jour de la réouverture, d'accueillir les enfants concernés.

Tout le monde est donc dans l'expectative: les enfants – dont certains ont déjà été avertis de la fin des cours et de leur passage dans l'année supérieure –, les parents – qui avaient parfois pris leurs dispositions à long terme –, les professeurs...

"Si l'avis des experts évolue et qu'on nous donne de nouvelles recommandations, tant mieux. Mais il faut se poser la question du bénéfice, réagit Roland Lahaye, de la CSC Enseignement. Si c'est pour recréer la confiance, retisser des liens avec les élèves en décrochage, tant mieux. Mais ça ne doit pas être pour faire du bourrage de crâne pendant quatre semaines."

Étienne Michel, le directeur général du Segec (secrétariat de l'enseignement catholique) aimerait que soit d'abord levée l'ambiguïté sur ce qui est obligatoire dans les retours en classe déjà organisés. "Ensuite, si les experts nous disent que c'est possible d'accueillir plus d'enfants, et qu'on laisse une marge d'appréciation aux écoles, oui, c'est positif."

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