Les commandes s'emballent pour I-Care et ses appareils de mesure sans contact de la température corporelle

De manière manuelle ou automatique, la solution d'I-Care permet de détecter des températures anormalement élevées chez les travailleurs.

L’entreprise montoise vient de vendre en un mois 600 de ses thermomètres 4.0. Que rien ne prédestinait pourtant à être utilisés sur l’homme.

Convertir un appareil de mesure thermique destiné à détecter des dysfonctionnements de machines en un thermomètre sans contact high-tech pour lutter contre le coronavirus, il fallait y penser.

"Mais l’idée est venue assez naturellement", évoque d’emblée Fabrice Brion. En effet, le 21 février, quand l’épidémie se déclare en Italie, le patron d’I-Care est sur place. "J’ai donc été tout de suite fort sensibilisé à la situation." Résultat, dès le 24, il prend des mesures au sein de son entreprise, spécialisée dans la maintenance prédictive et employant aux alentours de 450 personnes dans différents pays. Avec une trouvaille à la clé: "Un ingénieur a eu l’idée d’installer une caméra à l’entrée des bâtiments pour surveiller la température des employés."

600
unités
Le Dr. House des machines industrielles a vendu 600 de ces appareils de mesure thermique en un mois. Contre une trentaine l'an dernier.

C’est le déclic. La bonne pioche. La solution est rapidement mise sur pieds, permettant de détecter la chaleur la plus élevée dans le champ de vision de l’appareil. Soit de manière manuelle, soit automatique.

D’abord installée à Mons, petit à petit, par le bouche-à-oreilles, d’autres entreprises en entendent parler. Puis, les réseaux sociaux viennent en complément. Les demandes affluent. Jusqu’à un cap aujourd’hui: en un mois, le Dr. House des machines industrielles en a déjà vendu 600 unités là où, à l’époque de l’application à l’industrie, soit l’an passé, elle ne parlait encore que d’une trentaine.

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"Alors, on sait que ce niveau ne se maintiendra pas sur toute l’année, mais pour le moment, les ventes décollent. Et ce, parce que si ce n’est pas la seule et unique solution, cela permet tout de même d’appliquer le principe de précaution. A savoir que bien souvent, quelqu’un avec de la température ferait mieux de rester chez lui."

De l'industrie aux banques et l'aérien

Un constat partagé par différents types de clients. "On a vendu nos appareils aussi bien à nos clients habituels, dans l’industrie, qu’à des PME, des banques ou des immeubles de bureaux. On est aujourd’hui même en contact avec un opérateur aérien qui voudrait équiper ses avions."

"On ne parle ici d’un prototype. Notre solution est opérationnelle."
Fabrice Brion
CEO d'I-Care

Tous partageant un but: protéger les employés et/ou les clients, de par un premier tri rendu possible. Et ce, "parce qu’on ne parle ici d’un prototype comme certains en ont mis sur le marché. Notre solution est opérationnelle", indique Fabrice Brion.

La société montoise I-Care est spécialisée dans le diagnostic à distance des machines industrielles. Avec 325 employés et une croissance de 25% par an, elle fait partie des figures de la Wallonie qui entreprend.

Avec, évidemment, en tête, la notion de confidentialité. "Pour rester conforme au RGPD, on a décidé de ne pas sauvegarder l’image, alors qu’on pourrait le faire", précise le patron. "On prend simplement la température en live".

Et vu le succès, là où I-Care est aujourd’hui ensemblier – s’occupant surtout de la partie logicielle -, l’entreprise montoise réfléchit désormais à fabriquer toute la solution en ses murs.

Soutenir ses employés, en soutenant leur famille

I-Care a annoncé courant de semaine une initiative à noter dans la lutte contre le coronavirus. Le "Family Act". Par-là, l'entreprise montoise entend accorder la priorité aux fournisseurs faisant partie de la famille de l’un de ses employés. En vue d'aider un peu tout le monde d'un coup.

Protectionnisme? "Pas du tout", sourit Fabrice Brion, CEO. "On est actif dans 15 pays où la mesure est aussi appliquée". Non, il s'agit plutôt de faire "du multilocal, tout en mettant l'accent sur la famille I-Care".

Et si la boîte le faisait déjà à ses débuts, en 2004, il faut bien avouer que c'était devenu plus compliqué depuis sa forte croissance. Il s'agit donc ici, en quelque sorte, de renouer avec l'esprit des premiers pas.

 

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