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Les commerces de détail rouvriront leurs portes le 11 mai

©BELGA

La réouverture porte sur tous les secteurs et toutes les tailles de magasins. Les salons de coiffure et l'horeca devront par contre encore patienter.

Bientôt leur calvaire prendra fin : la grande majorité des commerçants pourront rouvrir leurs portes le 11 mai. C’est ce qu’a décidé vendredi le Conseil national de sécurité. Il précise que cette réouverture concerne "les commerces de toutes les tailles et de tous les secteurs", ceci afin d’éviter toute discrimination ou distorsion de concurrence.

"C’est dommage pour les fleuristes qui devraient ouvrir le lendemain de la fête des mères."
Christine Mattheeuws
Présidente du SNI

Apprenant la date du 11 mai, le secteur cachait difficilement une certaine déception. "Prolonger la fermeture forcée jusqu’au 11 mai est une mesure dure, parce que les magasins étaient tout à fait prêts à rouvrir le 4 mai. Mais la décision offre une perspective claire et le fait que tous les magasins puissent ouvrir en même temps est positif", a réagi Dominique Michel, CEO de Comeos, la fédération du commerce.

 

"Chaque jour, les magasins qui doivent rester fermés perdent ensemble 140 millions d’euros. La prolongation de la fermeture obligatoire jusqu’au 11 mai signifie presque 2 milliards d’euros de pertes supplémentaires de chiffre d’affaires. Ce sont des milliers d’emplois qui sont ainsi en danger", a encore fait savoir Dominique Michel. Il demande dès lors "des mesures de soutien supplémentaires pour le commerce".

Raté pour la fête des mères

Même déception du côté du Syndicat neutre des indépendants (SNI) où la présidente Christine Mattheeuws souligne que "les propositions du Conseil National de sécurité évitent une concurrence déloyale entre ceux qui vendent les mêmes produits, ce qui est en soit une bonne chose mais la semaine supplémentaire de fermeture causera des faillites supplémentaires et de la frustration".

Elle ajoute: "Ce n'est pas seulement dommage pour les magasins de vélos, de peinture et d'électro qui, pour la deuxième fois de suite, pensaient pouvoir démarrer. La semaine dernière, ils avaient déjà été laissés de côté parce qu'ils n'étaient pas considérés comme des magasins de bricolage. C’est aussi dommage pour les fleuristes qui devraient ouvrir le lendemain de la fête des mères. Eux aussi sont maintenant déçus pour la deuxième fois après avoir vu la semaine dernière que les jardineries ont été autorisées à ouvrir."

 

"C’est dommage pour les fleuristes qui devraient ouvrir le lendemain de la fête des mères."
Christine Mattheeuws
Présidente du SNI

Toutefois, dès le 4 mai, les magasins de tissus et les merceries pourront rouvrir leurs portes, compte tenu du rôle important des protections couvrant le nez et la bouche dans le déconfinement. Une répétition générale avait déjà eu lieu samedi dernier, le 18 avril, avec la réouverture des pépinières, jardineries et magasins de bricolage.

Certaines branches restent cependant sur le carreau. C’est le cas des "professions impliquant des contacts physiques (par exemple, les coiffeurs)" dont la situation sera réexaminée le 18 mai. "Les cafés, les restaurants, les dancings et les autres lieux qui sont susceptibles de brasser du monde" devront quant à eux encore ronger leur frein quelques semaines de plus. Leur situation sera réexaminée le 8 juin seulement.

"Nous savons à quel point cela représente une vraie difficulté pour tout un secteur", a admis le Première ministre Sophie Wilmès. "Il s’agit d’hommes et de femmes entrepreneurs qui, non seulement, participent à faire vivre notre tissu économique mais aussi à animer notre vie sociale. (…) Nous resterons à leurs côtés", a-t-elle assuré.

Distanciation sociale

Cette étape majeure du déconfinement ne pourra toutefois être menée à bien sans la mise en place de mesures de sécurité sanitaire, comme le port du masque et l’organisation de la distanciation sociale. Interrogé hier à la RTBf, le président de l’Union des classes moyennes (UCM), Pierre-Frédéric Nyst, ne nie pas non plus les problèmes pratiques qui se poseront aux petits commerçants tenus d’assurer la distanciation sociale au sein de leur établissement: "Pour les plus petits et ceux qui n’ont pas eu la moindre rentrée depuis la mi-mars, cela risque d’être problématique. Nous demanderons dès lors un soutien au gouvernement au plan humain et logistique. (…) Il faudra sans doute des compléments par rapport aux aides qui ont déjà été accordées. Il faudra leur donner les moyens de mettre en œuvre les mesures de distanciation nécessaires."

Magasins pris d’assaut ?

Reste une question et non des moindres: doit-on redouter un excès d’enthousiasme et une ruée sur les magasins? Pierre-Frédéric Nyst lance un appel à la responsabilité de chacun : "Si les commerçants jouent le jeu, les clients doivent jouer le jeu également. Lors de la réouverture des magasins de bricolage, on a pu constater que les choses se sont relativement bien passées. Le citoyen doit se montrer responsable et modéré pour que la reprise de l’activité se passe le mieux possible."

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