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Les consultations reprennent cahin-caha dans les hôpitaux et les cabinets privés

Les consultations générales ont partiellement repris lundi, mais assorties de conditions de sécurité strictes. ©BELGA

Les consultations non urgentes ont partiellement repris lundi dans les cabinets privés et les hôpitaux du Royaume. Certains praticiens et établissements ont toutefois décidé d'attendre la semaine prochaine, et ce afin de garantir des conditions de sécurité optimales.

1/ Hôpitaux

Ce n’est pas l’affluence des grands jours, mais la vie reprend petit à petit son cours dans les salles d’attente des établissements hospitaliers. Des mesures strictes d'hygiène et de distanciation sociale y sont évidemment d'application. Port du masque dans les couloirs, circuits spécifiques ou encore désinfection et aération systématiques des locaux sont devenus la norme.

"On espère tendre vers la réalisation de 50% des consultations la semaine prochaine ou celle d’après."
Antoine Gruselin
Responsable presse CHR Citadelle

Au CHR de la Citadelle à Liège, 742 patients se sont présentés pour des consultations lundi, soit environ 30% de la capacité journalière en temps normal. Ces personnes avaient été contactées au préalable par les services du centre hospitalier. Afin de déterminer celles à recevoir en priorité, une analyse a été réalisée par les médecins des différentes spécialités, explique le responsable presse du CHR, Antoine Gruselin.

Au cours des prochains jours, l'établissement liégeois devrait continuer sur le même rythme, avant d'intensifier ses activités si les chiffres de l'épidémie continuent à évoluer favorablement. "On espère tendre vers la réalisation de 50% des consultations la semaine prochaine ou celle d’après", assure M. Gruselin.

Dans les établissements hospitaliers bruxellois membres de la fédération Gibbis, ce sont environ 40% des consultations qui ont été assurées lundi. "Un peu moins d’un patient sur deux a pu être pris en charge par rapport à une activité normale", précise Dieter Goemaere, directeur hôpitaux généraux chez Gibbis.

Si les structures précitées ont pu prendre l’ensemble des mesures nécessaires très rapidement, d’autres auront par contre besoin d’un peu plus de temps. C’est notamment le cas des établissements du groupe hennuyer EpiCURA. "Nous avons reçu les instructions assez tard et on veut s’assurer de bien maîtriser le flux de patients pour la reprise", nous explique sa porte-parole Manon Le Boulengé. Dans cette optique, le groupe a procédé à de nouvelles commandes de matériel, dont l'arrivée est encore attendue. Conséquence: la reprise partielle des consultations générales n'aura pas lieu avant le 11 mai.

Au CHU Ambroise Paré de Mons, c'est aussi avec la semaine prochaine en ligne de mire qu'on s'organise. "On va devoir travailler au cas par cas, les médecins doivent rappeler les patients en déterminant le degré de priorité. Nos capacités dépendent de la taille des salles d’attente qui sont réorganisées pour respecter les règles de sécurité et de distanciation sociale", souligne son directeur général Stéphane Olivier.

"L’hôpital tournait déjà à 100% avant la crise, on ne peut pas demander à nos équipes, déjà très fatiguées, de tourner à 120%."
Stéphane Olivier
Directeur général du CHU Ambroise Paré

Autre point d'attention: la fatigue des soignants et des médecins. "Il n’est pas possible de faire un rattrapage intensif des retards pris. L’hôpital tournait déjà à 100% avant la crise, on ne peut pas demander à nos équipes, déjà très fatiguées, de tourner à 120%", insiste-t-il.

2/ Médecins généralistes

Dans les cabinets privés des généralistes, les consultations ont aussi repris à un rythme moindre qu'à l'accoutumée. Selon le président de l'Association belge des syndicats médicaux (Absym), Philippe Devos, un généraliste verrait actuellement 50% de patients en moins par rapport à un jour de travail ordinaire.

Cette diminution s'explique en grande partie par la nécessaire désinfection des lieux et du matériel entre chaque consultation, mais aussi des mesures prises pour éviter que trop de personnes se croisent.

Si certains patients sont "relancés" par leurs médecins qui estiment qu'ils doivent être examinés, d'autres font spontanément leur retour dans les cabinets. Une part non négligeable des malades aurait toutefois tendance à reporter ses visites et à attendre jusqu'à la fin de l'épidémie, souligne Philippe Devos. "J'espère que ce comportement, observé par le passé lors d'épidémies plus courtes, va s'estomper."

3/ Dentistes

Les contingences propres à l'activité des dentistes nécessitent de prendre encore plus de précautions face au virus."La lutte contre la contamination croisée, autrement dit de patient à patient, est très importante. Les dentistes sont devenus depuis longtemps des experts en désinfection et stérilisation des instruments", souligne le porte-parole de la société de médecine dentaire, Michel Devriese.

"Il faut aussi aérer et désinfecter le cabinet entre les patients. Cela nécessite plus de temps entre les rendez-vous, tout comme la distanciation sociale qui nous amène à éviter que des patients ne se croisent."
Michel Devriese
Porte-parole de la société de médecine dentaire

Face à la virulence du coronavirus et sa capacité à voyager dans l'air, ce n'est toutefois pas suffisant. "Il faut aussi aérer et désinfecter le cabinet entre les patients. Cela nécessite plus de temps entre les rendez-vous", ajoute-t-il.

Résultat des courses, les cabinets tournent depuis lundi à un rythme nettement moins soutenu qu'avant la crise. Les dentistes sont appelés à prioriser les soins nécessaires et urgents et à attendre encore un petit peu pour ceux "qui peuvent être reportés sans danger pour deux à quatre semaines, à l'instar d'un détartrage ou d'une visite de contrôle". La plupart des praticiens ont déjà repris partiellement leur activité.

4/ Kinésithérapeutes

Du côté des kinés, c'est plutôt l'inverse. Si certains consultaient à nouveau lundi, la majorité semble avoir reporté la relance à la semaine prochaine, nous explique la directrice générale de l'organisation représentative Axxon, Fabienne Van Dooren. L'activité des kinés serait en général encore réduite d'une "bonne moitié".

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