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analyse

Les différences de mortalité covid entre Régions interpellent

Pour les patients qui ont abouti en soins intensifs, le taux de mortalité était de 30,6% en Flandre, 39,6% à Bruxelles et 40,9% en Wallonie. ©AFP

16,5% des patients hospitalisés pour un covid en Flandre sont décédés, pour 20,4% en Wallonie. Mais il faut bien se garder de tirer des conclusions hâtives.

Dans cette crise du coronavirus, les chiffres qui peuvent permettre d'analyser la crise sous un autre angle manquent souvent. Mais ces derniers jours, des données ont attiré l'attention: celles de l'écart entre la mortalité dans les hôpitaux flamands et dans les hôpitaux wallons.

20%
18 à 20% des patients hospitalisés pour un Covid-19 en Belgique sont décédés.

Ces statistiques avaient été présentées le 28 juin dernier en commission spéciale Covid-19 par Marcel Van der Auwera, chef du département aide médicale urgente au SPF Santé publique. "Les chiffres ont été fournis à la commission parlementaire Covid par le SPF Santé publique à sa demande dans le cadre des recommandations de la commission", précise-t-on du côté du cabinet du ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke.

Si ces chiffres créent un certain remue-ménage aujourd'hui, c'est parce que deux députés N-VA, Frieda Gijbels et Lorin Parys, y pointent les disparités régionales.

Un patient hospitalisé sur cinq est décédé

De manière générale, 18 à 20% des patients covid hospitalisés sont décédés en Belgique. Aux soins intensifs, une personne sur trois n'a pas survécu. L'analyse régionale montre qu'entre la mi-mars 2020 et le 15 juin 2021, 16,5% des patients hospitalisés en Flandre sont décédés, pour 20,4% en Wallonie et 18,8% à Bruxelles. Pour les patients qui ont abouti en soins intensifs, le taux de mortalité était de 30,6% en Flandre, 39,6% à Bruxelles et 40,9% en Wallonie. Et pour les malades en soins intensifs qui ont dû être intubés, les taux sont respectivement de 46,6%, 55,4% et 53,3%.

"Nous ne connaissons pas tous les dossiers des patients en détail."
Sciensano

Face à ces données, le député N-VA Lorin Parys réclame une enquête indépendante "pour tirer les bonnes leçons de cette crise sanitaire et savoir si chaque patient s'est retrouvé dans le bon lit". Le système hospitalier wallon aurait-il moins bien géré la crise du coronavirus? Ce n'est pas une conclusion que l'on peut établir sur la base de ces seules données, prévient Sciensano: "Les chiffres doivent être interprétés avec prudence. Nous ne connaissons pas tous les dossiers des patients en détail".

En commission, Marcel Van der Auwera avait d'ailleurs bien précisé que l'élément géographique devait être pris avec des pincettes, sans connaître l'état du patient, la thérapie appliquée... "Un hôpital va peut-être avoir une population plus fragilisée qu'un autre", rappelait-il. "On ne peut pas publier ces chiffres comme ça", insistait-il.

Manque de données

De multiples facteurs peuvent influencer la mortalité. Comme le degré de contamination d'une région, et on sait que Namur, le Hainaut et Liège ont été particulièrement impactés. La charge hospitalière, qui découle du nombre de patients contaminés, aussi. L'âge de la population influence également la mortalité, tout comme son état de santé, lié au niveau social. Dans certaines sous-régions, comme les anciens bassins industriels, la population est globalement en moins bonne santé que dans d'autres. Le transport des patients a aussi pu influencer l'évolution de la maladie. Bref, ces chiffres ne doivent donc pas faire l'objet de conclusions rapides. En outre, tous les hôpitaux n'ont pas du tout pris le même soin à communiquer ces données, demandées par Sciensano via un questionnaire non obligatoire.

Quelles suites pour ces statistiques?

Mais "les différences entre régions et entre hôpitaux sont trop fortes" pour ne pas analyser le phénomène, a estimé Lorin Parys.

"Les chiffres feront l'objet d'une analyse scientifique plus approfondie car il y a une influence de beaucoup de facteurs sur les taux de mortalité."
Cabinet du ministre de la Santé

Une suite va-t-elle être apportée à ces données? Oui. "Les chiffres feront l'objet d'une analyse scientifique plus approfondie, car il y a une influence de beaucoup de facteurs sur les taux de mortalité", a précisé le porte-parole du ministre Vandenbroucke.

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