Publicité

Les entreprises se préparent-elles à une vague de restructurations?

La chaîne de magasins de chaussures Torfs a déjà annoncé la suppression de 24 de ses 650 emplois. ©Wouter Van Vooren

Les spécialistes des RH sont actuellement confrontés à de nombreuses questions de dirigeants d'entreprise sur les possibilités de restructurations.

Vendredi, la chaîne de magasins de chaussures Torfs annonçait son intention de licencier 24 de ses 650 salariés. Avec des magasins forcés à la fermeture depuis la mi-mars, le groupe a vu ses revenus fondre.

La décision du dirigeant, souvent couronné comme meilleur employeur, a suscité la colère des syndicats qui l'accusent d'abuser de la crise Corona pour licencier à moindres coûts du personnel. En réponse, la direction a lancé: "nous sommes victimes de notre transparence. À cette heure, d'autres entreprises prennent la même décision, mais dans moins de transparence".

"Je m'attends à des annonces de restructurations avant l'été pour voir les premiers licenciements à l'automne."
Jan Vanthournout
senior legal manager chez SD Worx

Les questions fusent

Ces propos semblent confirmés par une enquête menée par Acerta et SD Worx. Les deux spécialistes des ressources humaines reconnaissent que les choses semblent bouger, notamment dans le secteur du commerce.

Les deux sociétés, qui comptent parmi leurs clients des centaines de services RH, affirment recevoir, pour l'instant, beaucoup de questions de managers quant aux possibilités de restructurations. "Je m'attends à des annonces de restructurations avant l'été pour voir les premiers licenciements à l'automne", indique Jan Vanthournout, senior legal manager de SD Worx.

Ces dernières semaines, les économies ont été relatives modestes, mais les entreprises pensent de plus en plus à les multiplier. "Aujourd'hui, on note des économies faites principalement en ne prolongeant pas les contrats temporaires, en renonçant au travail intérimaire ou aux indépendants. Nous remarquons aussi au détour de nos questions que beaucoup d'entreprises préparent de futures restructurations. Elles recherchent toutes les options possibles au niveau stratégique et demandent, par exemple, de tenir compte du passif social." 

Pas de trêve électorale 

Et pourtant, les spécialistes précisent que nous devrions être, à l'approche des élections sociales, dans une phase "d'interdiction". En effet, en période électorale, les candidats bénéficient d'une protection sociale contre les licenciements et les entreprises hésitent à annoncer des licenciements. Mais voilà, les élections ont été reportées à fin novembre. 

Jan Vanthournout ne veut toutefois pas conclure à une tendance générale. "Il y a de gros dossiers, mais aussi beaucoup de plus petits et tous les secteurs sont touchés."

Il ajoute que la situation est différente de celle observée il y a dix ans pendant la crise financière. À l'époque, la durée de l'impact était incertaine et les plans de restructurations se sont étendus sur des mois, voire des années. La crise actuelle est plus courte et rapide, mais plus profonde.

"Les licenciements ne sont actuellement pas leurs premières préoccupations", souligne, pour sa part, Annelies Baelus, directrice juridique d'Acerta.

Les coûts restent

Les répercussions économiques du Covid-19 touchent tous les secteurs d'activité. Mais les commerces ont le plus difficile, en particulier les magasins de mode. Depuis près d'un mois et demi, les revenus se tarissent alors que les loyers courent toujours et qu'il va falloir bientôt payer les collections d'automne.

Pour Luc Van Mol, le patron des magasins ZEB, les autorités ne se rendent pas assez compte de la situation des commerces. Il est aussi convaincu que des restructurations vont toucher le secteur, voire même des décisions encore plus difficiles à prendre. Pour l'heure, il ne pense pas devoir passer par une restructuration. "Plus que les autres chaînes, nous travaillons avec des intérimaires ou des étudiants", explique-t-il.

11
mai
Les syndicats exigent que les mesures pour assurer la sécurité des clients et des salariés soient rendues obligatoires. Sans cela, pas de reprise de l'activité le 11 mai.

Il appelle, toutefois, le gouvernement à rouvrir le plus rapidement possible les magasins pour éviter le pire. D'autres patrons de mode sont du même avis. "Nous avons fermé nos magasins aux Pays-Bas parce que la santé de nos collaborateurs n'était pas garantie et que la santé prime sur l'économie", explique Elise Vanaudenhove,  CEO de l'enseigne de magasins de chaussures Bristol. "Entre-temps nous avons rouvert avec les mesures nécessaires et tout fonctionne parfaitement."

Comeos et syndicats discutent

La question de la réouverture des magasins est, à cette heure, une question brûlante entre la fédération sectorielle Comeos et les syndicats. Les syndicats exigent, en effet, que les mesures pour assurer la sécurité des clients et des salariés soient rendues obligatoires. Sans cela, pas de reprise de l'activité le 11 mai.   

Tout savoir sur le coronavirus Covid-19

La pandémie de coronavirus Covid-19 frappe de plein fouet la vie quotidienne des Belges et l'économie. Quel est l'impact du virus sur votre santé et sur votre portefeuille? Les dernières informations et les analyses dans notre dossier. 

Par thématique:

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité