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Les Établissements scientifiques fédéraux autorisés à puiser dans leurs réserves

David Clarinval (MR), vice-Premier ministre et ministre du Budget et de la Fonction publique, chargé de la Loterie nationale et de la Politique scientifique. ©EPA

Utilisant sa double casquette de ministre du Budget et de la Politique scientifique au Fédéral, David Clarinval (MR) autorise ces 10 ESF à puiser dans leur réserve stratégique. Une manne de 100 millions qui restait bloquée depuis 2015.

Cette mesure en deux parties permettra aux Établissements scientifiques fédéraux (ESF) d’affecter les bénéfices de l’année 2019 à une série d’investissements jusqu’ici gelés et de puiser dans leur réserve historique (Invest), constituée avant cette date, pour faire face à la crise du coronavirus sans mettre à mal leur équilibre budgétaire.

La nouvelle a été accueillie comme un soulagement au Musée royal d’Afrique centrale, à l’Institut du patrimoine artistique, des sciences naturelles, à l’IRM ou à la Bibliothèque royale. "En entendant que l’on pouvait puiser dans nos réserves, j’ai d’abord cru que cela cachait quelque chose", réagit Michel Draguet, directeur des Musées royaux des Beaux-Arts, Place royale, habitué à devoir batailler avec son pouvoir de tutelle qui, depuis 2015, a mis les ESF au pain sec.

SEC, c’est d’ailleurs la norme budgétaire européenne à laquelle la Belgique doit se conformer pour équilibrer ses comptes et qui justifiait officiellement le gel des réserves des ESF (100 millions d’euros), assimilées à des bénéfices bienvenus pour équilibre la dette.

L'exposition "Jan Fabre Chapters I-XVIII Waxes & Bronzes", aux Musées royaux des Beaux-Arts, en 2012. ©Photo News

Sortir du permafrost budgétaire

Un "permafrost" budgétaire, selon le bon mot de l’Inspection des Finances, qui se rajoutait à un rabotage de la dotation de 2% par an, à la diminution de la quote-part de la Loterie nationale de 1,7 million à 500.000 euros et à ce qui s’apparentait à un travail de sape des reliquats de "la Belgique de papa" dans le chef des secrétaires d’État N-VA Elke Sleurs et Zuhal Demir qui se sont succédé au gouvernement Michel.

L'IRM va pouvoir acquérir un pluviomètre et des mini-stations climatiques. ©BELGA

"C’est le message que j’ai reçu de la plupart des ESF lors de mon tour de courtoisie en 2019. Mais j’ai voulu leur montrer que cette philosophie n’était plus là, en tout cas ni dans mon chef ni dans le gouvernement de Sophie Wilmès", nous révèle en primeur David Clarinval (MR), vice-Premier ministre et ministre du Budget et de la Fonction publique, chargé de la Loterie nationale et de la Politique scientifique. "Il me semblait injuste que les ESF qui travaillent bien pendant l’année et obtiennent des bénéfices ne puissent pas jouir de cet argent alors qu’ils ont tous des besoins criants en termes d’investissement."

"Quel incitant y a-t-il pour les bons gestionnaires s’ils n’ont pas un juste retour sur le plan financier? Il me semblait judicieux de permettre d’investir dans leur modernisation", ajoute le libéral, qui s’est dit impressionné par la qualité et l’ambition de ses interlocuteurs.

"Fier de nos instituts scientifiques"

Plusieurs projets à réaliser entre 2020 et 2022 ont ainsi été validés par son cabinet pour un montant d’environ 6 millions d’euros. Très engagée dans la numérisation de sa collection, la Bibliothèque royale va acheter des scanners robotisés, l’IRM, un pluviomètre et des mini-stations climatiques, l’Observatoire royal, un radiotélescope solaire, ou l’Institut royal des sciences naturelles, un séquenceur d’ADN et… un squelette de diplodocus.

"Il me semblait injuste que les ESF qui travaillent bien pendant l’année et obtiennent des bénéfices ne puissent pas jouir de cet argent alors qu’ils ont tous des besoins criants en termes d’investissement.»
David Clarinval
Vice-Premier ministre

David Clarinval a également obtenu d’étendre la mesure à la réserve historique d’avant 2019, qui s’élève à 100 millions d’euros, pour faire face à l’impact du coronavirus qui se monte déjà à 4 millions d’euros de pertes. "C’est du cash pour leur permettre de payer les salaires et les frais de fonctionnement sans être impacté budgétairement."

Et Michel Draguet de conclure: "On sait qu’on va sortir de cette crise comme on y est entré, avec un équilibre budgétaire garanti, même si c’est au prix de nos réserves. Mais cette décision va aussi permettre au musée d’avoir une attitude de générosité et de solidarité avec l’ensemble du secteur culturel, aujourd’hui très fragilisé."

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