Les événements culturels seraient possibles malgré le covid-19

L'étude démontre que 1.400 spectateurs peuvent assister à un concert en portant un masque et en respectant la "distanciation physique". ©Hendrik Schmidt/dpa-Zentralbild/ZB

Selon une étude de l’université de Halle (Allemagne), il serait possible d'organiser des événements dans des espaces fermés malgré la présence du covid. Mais à une seule condition: appliquer des règles très strictes.

L’étude avait fait grand bruit lorsqu’elle a été lancée, à la fin du mois d’août. Une équipe de scientifiques, sous la houlette de l’hôpital universitaire de Halle en ex-RDA, organisait le 22 août un concert de musique pop-expérimental afin de déterminer dans quelle mesure de grands événements de masse pourraient se tenir, malgré le covid, dans un espace fermé.

Les conclusions de leur étude, baptisée «Restart 19» sont encourageantes pour la branche très sinistrée des événements culturels. «L’organisation de tels événements est possible, à condition de respecter certaines règles sanitaires. Le facteur déterminant est l’aération de la salle», précisent les auteurs de l’étude, qui viennent d’analyser pendant plus de deux mois les données fournies par les cobayes de l’opération: 1.400 spectateurs sains, tous équipés de masques et de traceurs électroniques enregistrant leurs moindres déplacements au sein de la Grande Arena de Halle ainsi que les distances entre les spectateurs de l’entrée à la sortie, en passant par les bars et les toilettes. «L’aération doit assurer le renouvellement de l’air à intervalles réguliers, c’est l’élément déterminant», souligne le chef de l’étude, Stefan Moritz de l’université de médecine de Halle. «Les événements de masse en espace clos sont possibles, à condition de respecter un strict protocole sanitaire et les distances de sécurité. Il est important que tous les participants soient assis et qu’ils portent un masque. Il est également important d’adapter le nombre de spectateurs autorisé en fonction du nombre de nouvelles infections pour 100.000 habitants dans la zone au cours des sept jours précédant l’événement.»

Trois scénarios

Les auteurs de l’enquête avaient simulé trois scénarios de concert de masse – absence de mesures sanitaires, espace modéré entre spectateurs, espace de 1,50 mètre entre deux participants – afin d’étudier la propagation des aérosols dans la salle tout au long de la soirée ainsi que le nombre moyen de contacts par visiteur.

Dans le scénario 3 (1,5 mètre de distance entre deux spectateurs, urinoirs et lavabos partiellement condamnés, espacement des visiteurs dans les queues, à l’entrée et la sortie), le nombre de contacts moyen de plus de 3 secondes était de 20 personnes par participant. Le nombre de contacts pendant plus de 15 min – facteur déterminant de propagation de l’épidémie – était lui de seulement 1 personne par participant, souligne l’enquête. «Et, dans la plupart des cas, il s’agissait du partenaire, qui partage déjà le même espace de vie», insiste Stephan Moritz.

Les conclusions de l’enquête, très détaillée, donneront de nouveaux arguments face aux tribunaux aux adversaires du reconfinement, qui sera en vigueur en Allemagne à partir de lundi prochain avec notamment la fermeture de tous les établissements culturels. 

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