La crise du Covid-19 coûtera 45 milliards d'euros à la Belgique en 2020

"Ceux qui ont encore un revenu font l'effort maintenant, ils subissent plus la crise en termes de consommation qu'en termes de revenus disponibles", note le directeur de la Banque Nationale, Pierre Wunsch. ©BELGA

Le PIB belge pourrait se contracter de 8% en 2020. L’impact sur les finances publiques est conséquent: un déficit d’au moins 7,5% du PIB et une dette autour de 115% fin 2020, selon la BNB et le Bureau du Plan.

La Banque Nationale de Belgique et le Bureau fédéral du Plan ont tenté de calculer les conséquences de la crise sanitaire sur l'économie belge. "C'est un choc inédit d'une ampleur inconnue", insiste Philippe Donnay, commissaire au Plan.

Cette simulation, qui ne peut être considérée comme des prévisions, faute d'indicateurs cohérents disponibles, montre une profonde baisse de la croissance économique du pays. D'abord un recul de 4% du PIB au premier trimestre. Le deuxième trimestre devrait être plus lourdement impacté: -15%. Pour la seconde moitié de l'année, la BNB et le Bureau du Plan voient "une reprise vigoureuse", en V, mais "insuffisante pour compenser la perte initiale". Au total de l'année, la chute annuelle sera de 8%. En 2021, la croissance devrait être de 8,6%.

"C'est un choc inédit d'une ampleur inconnue."
Philippe Donnay
Commissaire du Bureau du Plan

Ces chiffres sont basés sur un scénario qui verrait le confinement durer sept semaines, jusqu'à début mai donc, et une reprise graduelle en neuf mois.

Par rapport à un scénario sans crise, la perte cumulée de PIB se chiffrerait à près de 30 milliards d’euros à fin juin 2020, 45 milliards à fin décembre et près de 60 milliards à fin 2021.

On consomme moins 

45
milliards d'euros
La crise sanitaire coûtera 45 milliards d'euros à la Belgique en 2020

Le modèle indique que la consommation privée va se contracter beaucoup plus que le revenu disponible: les Belges sont limités dans leur envie d'achats vu le nombre de commerces fermés et les sorties restreintes. Il y a une tendance à l'épargne. "Ceux qui ont encore un revenu font l'effort maintenant, ils subissent plus la crise en termes de consommation qu'en termes de revenus disponibles", note le gouverneur de la Banque Nationale. La consommation privée se contracterait de 5,7% par rapport à 2019, principalement pour la première partie de l'année. Ensuite, un rebond "assez net" peut être attendu. Le choc sur la valeur ajoutée se traduirait par une perte du revenu disponible des ménages de 2,8%, ce qui constitue une diminution de 1,5% par rapport à 2019. 

"Il y a un risque que la crise se traduise en un certain nombre de faillites et donc de pertes d'emplois."
Pierre Wunsch
Gouverneur de la BNB

Choc pour les entreprises

"Le choc est très important sur le résultat brut d'exploitation des entreprises", constate le gouverneur de la BNB, Pierre Wunsch. "Il y a un risque que la crise se traduise en un certain nombre de faillites et donc de pertes d'emplois." Les entreprises peu liquides disposant de coussins de fonds propres réduits ou plus fortement touchées par la crise sont en première ligne pour une faillite. "Contenir ce risque nécessitera vraisemblablement de déployer rapidement des mesures supplémentaires ciblées sur ces entreprises afin de préserver leur solvabilité", demandent les deux institutions.

"Une dette autour de 115%"

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Évidemment, les répercussions sur les finances publiques sont conséquentes. Le déficit budgétaire va être alourdi par les mesures prises pour limiter la casse et par de moindres rentrées de recettes fiscales (IPP, TVA et Isoc). La dette, elle, subira le poids supplémentaire du déficit et la chute du PIB. Résultats? Un déficit d’au moins 7,5% du PIB et une dette autour de 115% du PIB à la fin 2020, estiment les deux institutions. Les mesures déjà prises et les coûts supplémentaires du système de santé liés directement à l'épidémie de Covid-19 ne sont pas inclus dans ces calculs. 

"Il y avait déjà un déficit structurel préalable à la crise, qui alimente l'augmentation de la dette", rappelle Philippe Donnay. "Si le chômage temporaire devient structurel, qu'il dépasse le cadre de la crise suite aux faillites, on aura un problème plus important de finances publiques. Mais d'abord, il faut sauver le tissu industriel et l'emploi... c'est ça qui nous sauvera.

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