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"Les gens vont continuer à manger"

Thierry Goor passe de temps en temps au Wolf.

Thierry Goor, l'initiateur du Food Court Wolf, planche sur des plans de déconfinement sans savoir quand l'activité pourra redémarrer. En attendant, il profite de cette période pour réaliser un grand potager dans son jardin. Un vieux projet auquel il s'attelle avec ses enfants.

Il est plutôt en forme, Thierry Goor, l'initiateur du Wolf, ce Food Market situé dans le bas de Bruxelles, dans les anciens locaux de la CGER. Lorsqu'on l'appelle, il est justement sur place pour goûter la bière qui est brassée au Wolf. Et cette première dégustation semble mettre notre interlocuteur de bonne humeur. 

"La période exceptionnelle que nous vivons actuellement permet de se poser, de réfléchir et d'avoir le temps, ce qui est plutôt rare."
Thierry Goor
Initiateur du Food Court Wolf

"La période exceptionnelle que nous vivons actuellement permet de se poser, de réfléchir et d'avoir le temps, ce qui est plutôt rare. Cette période est enrichissante d'un point de vue personnel et familial", nous explique Thierry Goor, qui se rend de temps à autre au Wolf pour une réunion, vérifier que tout se passe bien ou pour ramasser le courrier. Lorsqu'il se rend en ville, Thierry Goor prend son vélo et longe le canal, l'occasion pour lui de découvrir des espaces, des bâtiments et des potagers qu'il n'avait jamais vus en passant sur le Ring à 50 mètres de là. "Cette période nous amène à réfléchir et à voir autrement", explique-t-il encore. 

Viré dans la seconde

Thierry Goor est fâché et il nous le fait savoir, sans hausser le ton. "D'un point de vue politique, cette crise n'est pas facile à gérer, je peux le comprendre, mais si dans le privé, vous aviez fait la moitié des erreurs qui ont été commises, vous auriez été viré dans la seconde. Je ne sais pas comment Maggie De Block ose encore se montrer par rapport à ses déclarations au début de la crise et par rapport au cafouillage autour des masques", explique-t-il, avant de préciser que "cela en dit long sur la lasagne politique que nous connaissons."

D'un point de vue économique, Thierry Goor se fait peu d'espoir. "Cela va être la catastrophe pour l'horeca." Malgré cela, il n'est pas trop inquiet pour l'avenir du Food Court qui a ouvert ses portes à la fin de l'année dernière. "Les gens vont continuer à manger et avec des plats proposés à des prix oscillant entre dix et douze euros, nous ne sommes pas trop mal mis", explique-t-il encore. Le problème risque de se poser pour le respect des distanciations sociales. S'il faut respecter un espace de dix mètres carrés par client, le Wolf, avec ses 2.100 mètres carrés, pourrait recevoir environ 200 personnes. Mais comment feront les restaurants de cinquante mètres carrés?" se demande Thierry Goor. La question mérite d'être posée. 

Au stade actuel, la philosophie du Wolf est de relancer les ventes à emporter et les livraisons à partir du 11 mai, les équipes du Food Court planchent sur des plans de déconfinement. "Nous avons différents plans financiers, mais tant qu'on ne sait pas ce qu'il va se passer, c'est compliqué", explique Thierry Goor, qui dit s'inquiéter quand il voit que le virus semble reprendre de la vigueur en Allemagne. 

"Le problème, c'est de savoir quand nous pourrons redémarrer."
Thierry Goor
Initiateur du Food Court Wolf

Comme la plupart des acteurs de l'horeca, ce n'est pas tant la situation actuelle que le redémarrage qui sera l'objet de toutes les attentions. Les clients seront-ils au rendez-vous sachant que leur portefeuille a été touché par la crise? "Le problème, c'est de savoir quand nous pourrons redémarrer", résume notre interlocuteur. 

Et en attendant d'y voir plus clair, l'homme prend le temps de réaliser un grand potager dans son jardin, un projet qu'il caressait de longue date, mais pour lequel il n'avait jamais trouvé le temps. Et il a embarqué ses fils dans l'aventure. Pour les convaincre de donner le coup de bêche, il leur a promis de racheter une partie de la production. De quoi achever de convaincre son plus jeune fils qui, lui, se rêve agriculteur.

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