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Les gouverneurs de province demandent d'avancer le Codeco

Les gouverneurs wallons devraient discuter de la tenue des événements de fin d'année, et notamment des marchés de Noël. ©Markus Scholz/dpa

Les gouverneurs de province du pays souhaitent que le Comité de concertation se réunisse plus tôt que prévu pour discuter de possibles mesures fédérales supplémentaires dans la lutte contre la propagation du coronavirus.

Une semaine après un Comité de concertation qui a arrêté de nouvelles mesures pour faire face aux chiffres inquiétants de la quatrième vague, la situation épidémiologique ne s'améliore toujours pas. Alors que le Codeco avait prévu de se retrouver seulement en janvier, les gouverneurs des dix provinces du royaume ont demandé ce mercredi d'avancer cette réunion.

Cette demande est confirmée par le gouverneur de Flandre-Occidentale Carl Decaluwé, après concertation des gouverneurs via le centre de crise national. Une communication a été adressée aux différentes autorités politiques.

Les gouverneurs souhaitent un socle fédéral de mesures potentiellement plus étendu, pour éviter une règlementation morcelée à travers le pays.

Ce genre de concertation est régulière. Au vu des derniers chiffres, elle a toutefois pris un tour particulier. Les gouverneurs souhaitent un socle commun, c'est-à-dire fédéral, de mesures potentiellement plus étendu, pour éviter une règlementation morcelée à travers le pays. À leurs yeux, il faut à la fois clarifier la mise en oeuvre des mesures actuelles et renforcer certaines d'entre elles afin qu'elles soient en adéquation avec la situation actuelle, a-t-on appris à bonne source. L'organisation des marchés de Noël est un des points d'attention, alors que les Plaisirs d'hiver sont censés débuter vendredi dans la capitale.

Échéance intenable

Ils formulent également la demande de rendre les doses "booster" de vaccin plus rapidement généralisées. Certains gouverneurs ont par ailleurs attiré l'attention sur la situation particulière de leur province par rapport au nombre d'hospitalisations. "Il faut agir. Et la meilleure chose est de le faire au niveau fédéral pour garder une vision claire", commente Carl Decaluwé après la réunion. "Cela n'a pas de sens que chacun prenne des mesures différentes. Un nouveau Codeco tel que prévu actuellement en janvier, c'est trop tard".  

A l'issue du Codeco de mercredi dernier, le fédéral avait annoncé qu'il se réunirait à nouveau "début janvier", soit après les fêtes, une échéance jugée déjà optimiste à l'issue de la réunion et qui, aujourd'hui, au vu de la situation épidémiologique et des appels de plusieurs experts à l'adoption de nouvelles mesures est intenable. 

En attendant, les pouvoirs locaux et provinces peuvent imposer localement des mesures plus restrictives s'ils l'estiment nécessaire. À la Chambre, mercredi, la ministre de l'Intérieur Annelies Verlinden a d'ailleurs indiqué qu'elle avait "toute confiance" en la capacité des autorités locales et provinces de prendre "des mesures proportionnées, adaptées et ciblées" dans le contexte actuel de forte reprise des contaminations.

Les fêtes privées interdites en Flandre-Orientale

La gouverneure de Flandre-Orientale Carina Van Cauter a notamment annoncé mardi une interdiction de fêtes dansantes sans encadrement professionnel à partir de ce vendredi, ce qui a été critiqué par des organisations de jeunesse.

'Il est même possible que pendant un an, deux ans, trois ans, on vivra dans une situation où il y aura des vagues de contamination qui feront qu'on devra compter sur la vaccination et les autres mesures."
Frank Vandenbroucke
Ministre fédéral de la Santé

Cette interdiction, qui entrera en vigueur vendredi, concerne notamment les activités de mouvements de jeunesse et de clubs de sport, mais exclut les événements organisés dans les boîtes de nuit et les cafés. De quoi peut-être inspirer les gouverneurs wallons réunis ce mercredi.

Le gouverneur du Hainaut Tommy Leclercq a lui aussi déconseillé les grands événements ce mardi. Il s'est dit favorable à une limitation par les autorités locales des rassemblements de masse. 

Le comité ministériel restreint (kern) se réunira vendredi pour évoquer la situation sanitaire.

Inquiétudes de Vandenbroucke

Le ministre fédéral de la Santé Frank Vandenbroucke a par ailleurs fait part de son pessimisme en commission de la Chambre ce mercredi. Le socialiste flamand s'attend à des "semaines difficiles", a-t-il confié aux députés. "Espérons que vers la Noël, il y aura un peu plus de certitude", a-t-il déclaré à l'occasion du premier rapport mensuel de l'activation de la loi pandémie.

Au sein du gouvernement, l'heure est à l'inquiétude. "Nous n'arrivons pas à nous débarrasser du virus. C'est un constat douloureux. Il est même possible que pendant un an, deux ans, trois ans, on vivra dans une situation où il y aura des vagues de contamination qui feront qu'on devra compter sur la vaccination et les autres mesures. Ce n'est pas ce qu'on avait en tête au début mais avec le variant Delta, il y a un niveau de contagiosité tel qu'il nous surprend et nous joue des tours", a souligné le ministre.

À ses yeux, il n'y a pas beaucoup de possibilités autres que celles qui sont déjà connues: la limitation des contacts, le port du masque, etc. "Les gens qui pensent que l'on peut abandonner ce message se trompent", a-t-il ajouté, face aux remarques de l'opposition, mais également dans la majorité où le MR juge la communication actuelle trop anxiogène.

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