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Les hôpitaux pris dans la tourmente du linge à lessiver

Dernière manufacture belge de laveuses-essoreuses industrielles, Unica a décidé de louer ses machines aux hôpitaux, qui font actuellement face à une montagne de linge.

L’externalisation du nettoyage des blouses, des draps et torchons montre aujourd’hui ses limites. De quoi propulser les machines à laver industrielles du belge Unica sur le devant de la scène.

C’est la conséquence d’un choix posé il y a quelques années par les hôpitaux du pays. Alors que la France décidait d’internaliser, avec son lot de défis, le traitement de son linge dans des bâtiments proches ou en sous-sol, la Belgique préférait externaliser l’entièreté de l'effort à des sous-traitants. Pour se concentrer sur sa tâche première: le soin aux patients.

Et si la logique a longtemps tenu la route, aujourd’hui, une impasse semble se dresser en bout de parcours. Et pour cause, au vu de l’ampleur de la crise à laquelle ils ont dû et doivent encore faire face – même si un apaisement se fait quelque peu sentir -, les établissements hospitaliers du pays se sont retrouvés devant une montagne de draps, blouses et torchons en tout genre à traiter. Comme jamais auparavant. Sauf que… les sous-traitants, eux, sont rapidement arrivés au maximum de leur capacité.

Sous-traitants dépassés

Ils rechignent à augmenter la cadence, car les investissements ne sont pas simples à consentir en un claquement de doigts, quand le travail de nuit reste particulièrement coûteux pour un secteur aux marges déjà faibles, se devant de respecter des normes écologiques strictes.

100
kg/heure
En proposant ses machines à la location, Unica permet aux hôpitaux d'atteindre des capacités supérieures à 100 kilos de linge propre par heure.

C’est là qu’Unica est entré en jeu. La dernière manufacture belge de laveuses-essoreuses industrielles s’est en effet lancée, en plus de la consultance aux blanchisseries, dans la location courte durée (3 à 6 mois, avec livraison en deux semaines) aux hôpitaux de ses machines allant jusqu'à 3,5 tonnes, qui permettent d'atteindre des capacités supérieures à 100 kilos de linge propre par heure.

"La différence entre une machine semi-industrielle de petite capacité et une comme la nôtre? C'est comme rouler sur des pavés avec une camionnette chargée, à la place d'un camion."
Grégoire de Donnea
CEO d'Unica

Que de multiples machines classiques de plus petite capacité ne peuvent absorber au même niveau, faute de force mécanique suffisante côté essorage et de la robustesse de leur construction. Quand, dans cette crise, les blanchisseries traditionnelles ne sont d’aucune utilité de par leur impossibilité de voir le propre et le contaminé ne jamais se croiser pour cause d’une seule et unique entrée des lave-linge, faisant aussi office de sortie.

Parfois obligés... de jeter

Ce choix, Unica l'a posé en dehors de son métier de base. Pour éviter une réalité souvent tue dans le milieu des soins de santé: faute d’infrastructure ad hoc, certains hôpitaux se doivent parfois… de jeter purement et simplement les blouses du personnel.

Ce qui a résolument convaincu l’entreprise bruxelloise – désormais installée à une quinzaine de minutes au nord de l’Atomium, après avoir occupé des locaux du côté de la place Sainte-Catherine pendant près de 70 ans - de faire le pas, elle qui, d’habitude, vend ses appareils et les entretient sur leur durée de vie.

Une activité qui lui a permis jusqu’ici d'écrire une belle success-story, sous la houlette d'un nouveau management, monté à bord début 2019, à l’occasion d’une entrée au capital du fonds entrepreneurial Profinpar.

Installée à un quart d'heure au nord de l'Atomium, après 70 ans de présence dans les environs de la place Sainte-Catherine, Unica produit à 95% pour l'export. Elle emploie une vingtaine de personnes. ©saskia vanderstichele

Fort d’une vingtaine de collaborateurs, Unica a en effet réalisé l’an passé un chiffre d’affaires d’entre 4 et 5 millions d’euros, à 95% à l'exportation, indique Grégoire de Donnea, CEO, passé par les rangs de L’Oréal et Electrolux où il a exercé diverses responsabilités au niveau ventes et marketing.

 

Pour le reste, si la crise a évidemment frappé l’entreprise, l’usine n’a pas arrêté de tourner en mars-avril. "Car nous avions un carnet de commandes bien rempli. Or, une fermeture aurait signifié des retards. On a donc pris les mesures sanitaires de rigueur pour continuer à produire. Même si les ouvriers n’ont dès lors travaillé qu’à 40% de leur temps habituel, quand notre service après-vente a lui pu fonctionner normalement, en télétravail".

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