Les médias audiovisuels ont perdu deux tiers de leurs recettes publicitaires

Rarement la demande d'information n'a été aussi forte, constate l'étude du CSA ©RV DOC

Selon le Conseil supérieur de l’audiovisuel, la diminution des revenus publicitaires due à la crise sanitaire cause des problèmes de trésorerie à 25% des médias audiovisuels.

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a interrogé le secteur pour connaître l’impact de la crise sanitaire sur son activité. Conclusion: 25% des répondants avouent des problèmes de trésorerie, 25% également ont dit avoir eu recours au chômage technique ou économique. En cause surtout : le recul de 66% des investissements publicitaires.

De - 27,5 à -57,5%
de recettes publicitaires
Les chaînes de télé généralistes font état d’une baisse de 27,5% en mars et de 57,5% en avril.

Les chaînes de télé généralistes font état d’une baisse de 27,5% en mars et de 57,5% en avril. La tendance est pire pour les télés locales (-80%) en raison de la fermeture des commerces, leurs premiers annonceurs, et pour les chaînes d’info (-70% à -80%). Pour expliquer cette chute, les sondés évoquent l’indisponibilité des produits (les magasins sont fermés), les difficultés des annonceurs, le contexte anxiogène… Dans le même temps, et c’est paradoxal, on constate une hausse de 16 à 24% de l’audience justifiée par "un besoin d’information, de proximité et de réconfort". La demande d’infos est si forte qu’elle compense la faiblesse de la programmation. L’étude constate en effet une hausse des rediffusions pour pallier les indisponibilités de programmes dues à la diminution du rythme de production, aux difficultés d’acquisitions ou à l’annulation d’événements publics (sport, culture…).

En radio, les grands réseaux, dont la pub est le seul revenu, constatent une chute de 50% à 80% de leurs recettes. Un tiers des répondants, réseaux et indépendants confondus, déclarent faire face à des problèmes de liquidité financière. Vu l’arrêt de la mesure d’audience du CIM pendant la période de confinement, on ignore si leur audience est en croissance.  

"La crise fait ressortir le déséquilibre qui existe en matière de moyens, de revenus publicitaires et de régulation entre nos médias nationaux et de proximité par rapport aux GAFAN."
Karim Ibourki
Président du CSA

Alors que le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a adopté un plan d’aide de près de 5 millions (y compris pour la presse écrite) et que la commission des finances de la Chambre vient de voter des mesures assouplissant le tax shelter afin de relancer la production audiovisuelle, le secteur suggère différentes mesures de soutien : éligibilité du secteur audiovisuel pour la prime Covid-19 (indemnités compensatoires), garantie des subsides, allègement de la TVA, crédit d’impôt pour les investissements pub, intervention de la Sogepa, taxation des GAFAN au bénéfice du secteur audiovisuel, etc. "La crise fait ressortir le déséquilibre qui existe en matière de moyens, de revenus publicitaires et de régulation entre nos médias nationaux et de proximité par rapport aux GAFAN", note à ce propos Karim Ibourki, le président du CSA. "Il est grand temps de faire un rééquilibrage régulatoire et économique et de faire contribuer ces géants à la sortie de crise."

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