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"Les mois à venir exigeront de la créativité"

Pascale Delcomminette estime que les missions à l'étranger vont reprendre, certes, mais dans un cadre différent, avec une attention nouvelle à la relocalisation d'activités stratégiques. ©doc

Pas facile de piloter l'Agence wallonne à l'exportation depuis son domicile et alors que la plupart des marchés explorés se trouvent en confinement. Mais c'est le moment de réévaluer ce qu'on fait, relève Pascale Delcomminette.

Même réduite au télétravail à son domicile, Pascale Delcomminette n’a pas eu le temps de dire "ouf" durant le confinement. Les activités des deux institutions qu’elle dirige, l’Agence wallonne à l’exportation (Awex) et Wallonie Bruxelles International (WBI), ont été impactées de plein fouet mais ont nécessité des réactions immédiates. Quasi du jour au lendemain, il a fallu annuler 70 actions de l’Awex et en reporter 50 autres, rapatrier une centaine de stagiaires partis en mission à l’étranger dans le cadre du programme Explort, réorganiser les équipes à distance… et, last but not least, aider dans l’urgence les autorités belges à identifier quinze producteurs de masques fiables en Chine.

"Il n’y a plus de foires commerciales, de missions économiques ou de festivals; nos équipes ont dû réinventer leur métier pour aider les entreprises à rechercher des filières alternatives, explique l’administratrice générale. Le confinement a toutefois eu ceci de positif qu’il a mis en exergue l’agilité dont nos collaborateurs étaient capables." Autre conséquence, les états généraux qu’avait lancés l’Awex avant la crise pour remettre à plat sa façon de travailler ont subi un coup d’accélérateur.

"Il n’y a plus de foires commerciales, de missions économiques ou de festivals; nos équipes ont dû réinventer leur métier pour aider les entreprises à rechercher des filières alternatives."
Pascale Delcomminette
Administratrice générale de l'Awex et WBI

Comme la plupart de ses collaborateurs, Pascale Delcomminette s’est improvisé un bureau à la maison, où elle a partagé l’espace avec son époux et ses trois enfants. Son fils en stage linguistique en Australie et sa fille en Erasmus à Rome ont été rapatriés. Avec pour unique rituel le petit-déjeuner familial, elle a vu ses journées de travail s’allonger tôt le matin et tard le soir. Seule échappatoire: des séances de jogging et de cuisine le week-end. "On teste de nouvelles recettes, en prévision des futurs repas avec nos amis. Et on refait du pain."

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Aujourd’hui, la priorité est à la relance. "On redéfinit notre stratégie dans la perspective du rebond. Les mois qui viennent vont exiger de la créativité. Au final, les missions économiques reprendront, la mondialisation conservera sa pertinence et on continuera à jeter des ponts entre partenaires de tous les pays. Mais on a revu notre programme d’actions: on mènera davantage d’opérations à distance, telles que des foires virtuelles, on encouragera nos entreprises à s’appuyer davantage sur nos 105 délégués commerciaux pour qu‘ils prospectent les marchés à leur place durant un certain temps, on organisera des webinaires, des visioconférences…"

À quand le retour des missions? "On en a prévu pour le deuxième semestre 2020, avec toutefois un scénario bis où elles sont reportées à 2021."

Contribuer à la relocalisation

La crise a soulevé la question des réserves stratégiques et l’Awex entend contribuer au débat.

"On a pris une énorme claque avec cette crise, qui nous pousse à nous réinventer plus vite que prévu et à capitaliser sur nos points forts."
Pascale Delcomminette
Administratrice générale de l'Awex et WBI

"Il faut revoir notre écosystème industriel, développe Pascale Delcominette. Nous sommes prêts à jouer un rôle dans la réindustrialisation en travaillant sur les chaînes de valeur et en encourageant la formation de nouvelles filières stratégiques. Il y a un travail de cadastre à effectuer pour repérer les forces et les faiblesses de la Wallonie et identifier les entreprises à l’étranger qui pourraient relocaliser des centres d’activité chez nous, dans les secteurs essentiels autour des écosystèmes wallons existants. Sans oublier qu’il faut également travailler au niveau européen, pour construire une force de frappe à l’échelle du continent et diversifier nos sources d’approvisionnement."

"On a pris une énorme claque avec cette crise, conclut-elle, qui nous pousse à nous réinventer plus vite que prévu et à capitaliser sur nos points forts."

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