Vers un nouveau coup de frein aux voyages touristiques

Le gouvernement d'Alexander De Croo renvoie la décision sur de nouvelles mesures autour des voyages au Comité de concertation de vendredi prochain. ©BELGA

Les cas avérés de Covid-19 provoqués par un variant étranger se sont multipliés. Un comité ministériel restreint s'est réuni lundi en revoyant la décision au prochain Comité de concertation. Il est question de faire passer de 48 à 16 h le temps passé en zone rouge exigeant tests et quarantaine.

La moyenne des nouvelles infections quotidiennes au Covid oscille toujours autour des 2.000. Une minorité d'entre elles semblent attribuées au nouveau variant britannique du coronavirus, alors que le monde est en alerte face à ces mutations. Ce nombre est appelé à augmenter, a estimé dimanche le virologue Marc Van Ranst.

Clusters du nouveau variant britannique

D'ailleurs, les cas avérés se sont multipliés ce week-end. Une école primaire d'Edegem (Anvers) a dû fermer suite à la découverte de 2 contaminations au variant britannique du coronavirus. Les 1.400 étudiants et 200 membres du personnel de l’école secondaire Sint-Jozef de Kontich sont également mis en quarantaine, après plusieurs cas...

"Il y a encore un certain nombre de failles dans notre dispositif de protection. Nous étudions comment nous pouvons vraiment combler ces trous."
Frank Vandenbroucke
Ministre de la Santé

Deux tiers des résidents (75 personnes) d'une maison de repos à Houthulst, en Flandre occidentale, ont par ailleurs été contaminés par ce variant, de même que 53 personnes dans la commune. "S'il a atteint Houthulst, nous ne devons pas être naïfs et penser que le variant britannique n'est pas dans le pays entier", a encore glissé Marc Van Ranst.

L'urgence est donc là, tout comme la crainte d'une troisième vague, dont le risque est ouvertement évoqué par les experts. Avec le congé de Carnaval en ligne de mire.

Quarantaine prolongée

Un comité ministériel restreint a examiné lundi de nouvelles mesures qui pourraient viser à freiner l'arrivée des différents variants. Pour l'instant, les tests et la quarantaine ne sont pas obligatoires pour les personnes qui ont séjourné à l'étranger pendant moins de 48 heures ou qui sont restées dans notre pays pendant moins de 48 heures.

La question d'interdire les voyages non essentiels se pose, mais Frank Vandenbroucke et Vincent Van Quickenborne n'y semblent pas favorables.

Il est envisagé de raccourcir cette période à 16 heures. L'obligation de test négatif pour entrer sur le territoire, de double testing (jour 1 et 7) et de quarantaine pourrait donc être étendue. La période de quarantaine pourrait passer de 7 à 10 jours afin de décourager davantage les déplacements touristiques à l'étranger. Mais le travail transfrontalier devrait rester possible.

Le ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne voudrait aussi que des amendes soient infligées le plus rapidement possible aux voyageurs qui reviennent d'une zone rouge et qui refusent de se faire dépister.

La question d'interdire les voyages non essentiels se pose aussi, mais Frank Vandenbroucke et Vincent Van Quickenborne n'y semblent pas favorables. Ils envisagent plutôt une telle interdiction au niveau européen et non belgo-belge. Un Conseil européen, convoqué jeudi, devrait éclaircir le débat. Objectif: que chaque pays ne prenne pas des décisions en ordre dispersé. "Nous aurions beaucoup à gagner à harmoniser le plus possible nos règles d’accès au territoire en terme de dépistage et d’obligation de quarantaine, par exemple", a indiqué lundi Sophie Wilmès, vice-Première ministre MR en charge des Affaires européennes. Alexander De Croo n'est pas favorable, à ce stade, à une fermeture des frontières belges.

On attendra la fin de la semaine...

Ce lundi, le gouvernement fédéral a décidé de renvoyer le dossier au prochain Comité de concertation, ce vendredi 22 janvier à moins que ce dernier ne soit avancé. Cette réunion-là inclura les entités fédérées qui, pour rappel, sont compétentes pour l'application de la quarantaine et le tracing. "L'éparpillement des compétences, c'est toujours le problème", glisse une source gouvernementale interrogée sur la lenteur de la décision.

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