Les pays européens avancent doucement les pions de la relance

Le mois dernier, le gouvernement italien de Giuseppe Conte (ici le 3 juin) avait annoncé un plan de relance de 55 milliards d'euros. ©EPA

Si tous les pays européens ont pris des mesures pour lutter contre la crise économique, l’Allemagne est l’un des rares à tabler sur un véritable plan de relance, alors que les Vingt-Sept s'apprêtent à négocier leur plan Marshall commun.

Les pays européens ne se précipitent pas pour adopter des plans de relance économique, le plan de 130 milliards d’euros sur deux ans annoncé jeudi par Berlin fait figure d'exception, à côté de celui annoncé par l'Italie dans l'attente d'un soutien de l'Union européenne. Même si tous les États ont adopté des mesures d’urgence pour limiter les dégâts à court terme – ce sont par exemple les mesures de "liquidités", comme différer les paiements d’impôts pour éviter de briser la trésorerie des entreprises, ou des garanties publiques pour financer des prêts. Tour d'horizon européen avec les informations compilées par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui tient le compte des mesures nationales.

"Avant l’Allemagne, le plan de relance le plus significatif annoncé au sein de l'Union fut celui de l’Italie."

Avant l’Allemagne, le plan de relance le plus significatif annoncé au sein de l'Union fut celui de l’Italie. Le 13 mai, le gouvernement de Giuseppe Conte présentait un décret de relance de 55 milliards d'euros. Près de la moitié de l'enveloppe serait destinée aux travailleurs, 15 milliards pour les entreprises, le reste à la santé, à l'éducation et au tourisme. L’Italie avait déjà pris pour 25 milliards d'euros de mesures budgétaires, mais elle espère surtout pouvoir compter sur le plan de relance de l’Union européenne: selon la proposition déposée par la Commission d’Ursula von der Leyen, la Botte pourrait bénéficier de 172 milliards d’euros via la "facilité de relance et de résilience", enveloppe de subventions et prêts attribués aux États selon une clé de répartition prédéfinie, et conçue pour bénéficier aux pays les plus fortement touchés par la crise.

La France, deuxième économie de la zone euro, prévoit de son côté de présenter un plan de relance national "à la rentrée". L’Hexagone a mis en place des mesures d'urgence pour plus de 100 milliards d'euros au total. Les dépenses budgétaires de soutien aux ménages, entreprises et soins de santé étaient estimées en avril à 16,5 milliards d'euros (soit 0,7% du PIB de l'an dernier). Alors que Paris s’attend à voir chuter le produit intérieur brut du pays de 11% cette année, l'opposition conservatrice a plaidé cette semaine pour un plan de 10% du PIB, soit 250 milliards d'euros.

"La France, deuxième économie de la zone euro, prévoit de son côté de présenter un plan de relance national "à la rentrée"."

En Espagne, le gouvernement a adopté pour 138,2 milliards d'euros de mesures de soutien à l’économie. Ici encore, il s'agissait pour l'essentiel de mesures de liquidité (104,4 milliards). L'Espagne serait le second bénéficiaire de l'instrument de relance proposé par la Commission, avec 140,4 milliards d'euros.

Aux Pays-Bas, le gouvernement a annoncé des mesures estimées à 20 milliards d'euros (soit environ 2,5% du PIB), tout en soulignant qu'elles pourraient être prolongées ou complétées: le ministre des Finances Wopke Hoekstra a estimé que l’excédent budgétaire public permettait d’envisager pour 90 milliards d'euros de dépenses additionnelles.

Entre les mesures d'investissement, de garanties pour prêts aux entreprises et autres, la Pologne aura pris des mesures cumulées atteignant 11,1% de son PIB, selon les chiffres compilés par l'OCDE. Le pays serait le troisième bénéficiaire du fonds d'aide européen (53,8 milliards d'euros).

Pour 2020, la Suède a annoncé un total équivalent à 72 milliards d’euros, soit près de 15% de son PIB, dont un peu moins de 18 milliards de mesures fiscales.

La Grèce a mis en place des aides pour un total de 6,8 milliards d'euros, soit 2% du PIB, selon l’OCDE. Le plan de relance proposé par la Commission lui permettrait d'obtenir 32 milliards d'euros de subsides et prêts européens.

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