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Les pilotes Lufthansa proposent de réduire leur salaire de 45%

En Allemagne, Lufthansa espère une aide de 9 à 10 milliards d'euros. ©EPA

Cela s'accélère pour les aides de Lufthansa. En Suisse, le gouvernement est d'accord, mais l'aide devra recevoir l'aval du parlement. En Allemagne, syndicats, Lufthansa et pilotes parlent d'une même voix. Les pilotes sont même prêts à sacrifier 45% de leur salaire pendant deux ans.

Le groupe Lufthansa continue sa grande offensive pour tenter d'obtenir de l'aide de l'Allemagne et des différents pays de ses filiales, que ce soit en Belgique, en Suisse ou en Autriche.

En Suisse, le gouvernement semble prêt à mettre la main au portefeuille avec un paquet d'aides de 1,27 milliard de francs suisses pour aider les filiales suisses de Lufthansa, Swiss et Edelweiss. Il s'agit d'un prêt de 1,5 milliard de francs suisses (1,4 milliard d'euros) garanti à 85% par la Confédération et accordé par un consortium de banques suisses. En plus de cette somme, la Suisse va aussi débloquer 600 millions de francs suisses pour les sociétés de service du secteur aérien comme Swissport International, Gategroup et SR Technics. 

Cette enveloppe d'aides va être soumise au vote du parlement les 4 et 5 mai

350
millions €
En acceptant une diminution de 45% de leur salaire pendant deux ans, les pilotes de Lufthansa lui feraient économiser 350 millions d'euros.

En Autriche, Austrian Airlines a de son côté demandé une aide d'État de 767 millions d'euros en raison de la crise actuelle. Il s'agirait essentiellement de prêts mais aussi de subventions qui restent à négocier. Carsten Spohr, le CEO de Lufthansa, a rencontré le Chancelier fédéral autrichien, Sebastian Kurz, mercredi, pour plaider sa cause. "Lufthansa est et reste une entreprise allemande, c'est pourquoi il ne peut y avoir d'aide d'État sans contrepartie", a indiqué à la sortie de la réunion le Chancelier. Il demande notamment des garanties d'emploi et l'assurance que Vienne reste un hub important de la compagnie. Les négociations ne font que commencer. 

Pas de vote parlementaire sur une aide à Brussels Airlines

Le même genre de discussions a lieu avec les autorités belges pour sauver la filiale Brussels Airlines. La demande est ici de 290 millions d'euros. Le dossier est entre les mains du ministre des Finances Alexander De Croo (Open Vld), alors qu'une loi-cadre sur les aides aux entreprises dans le cadre de cette crise est actuellement débattue à la Chambre. Comme nous l'explique le député fédéral Gilles Vanden Burre (Ecolo), son parti se bat pour que des conditions environnementales ainsi que l'exclusion des sociétés qui passent par des paradis fiscaux fassent partie du texte.

Pour l'aide à Brussels Airlines à proprement parler, c'est via la Société fédérale de participations et d'investissement (SFPI) que celle-ci passera. Elle ne devra donc pas être votée au parlement comme en Suisse. Il n'empêche que l'aide devra être avalisée par les partis politiques qui ont appuyé les pouvoirs spéciaux. 

L'Allemagne veut 25% de Lufthansa

Mais là où la pression est peut-être la plus forte, c'est en Allemagne, où Lufthansa espère une aide de 9 à 10 milliards d'euros. Lufthansa, le syndicat ver.di et l'association des pilotes Cockpit ont écrit jeudi une lettre commune aux autorités allemandes pour appuyer la demande d'aide

Les discussions portent aussi sur la part décisionnelle que l'Allemagne aura dans le nouvel ensemble. Selon Der Spiegel de vendredi, l'Allemagne négocie une part de 25,1% dans Lufthansa. Toujours selon l'hebdomadaire, 5,5 milliards d'euros d'aides consisteraient en fait en du capital sans droit de vote pour lequel le gouvernement allemand espère un coupon de 9%. 3,5 milliards d'euros seraient par ailleurs prêtés par la banque publique Kreditanstalt für Wiederaufbau (KFW).

Les pilotes de Lufthansa ont par ailleurs fait savoir via leur syndicat Cockpit qu'ils étaient prêts à accepter une diminution de salaire de 45% pendant deux ans dans le but d'aider à sauver la compagnie. Ce geste fort permettrait à Lufthansa d'économiser 350 millions d'euros et est révélateur de l'état de détresse du troisième groupe aérien mondial

Rappelons que d'ici fin mai, Lufthansa n'aura plus de liquidités pour payer ses échéances.

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