Les scale-ups confiantes face à la crise

Le consultant Deloitte a interrogé une septantaine de scale-ups belges pour connaître leur ressenti face à la crise sanitaire actuelle. ©REUTERS

Une étude de Deloitte montre qu’elles sont sept sur dix à estimer pouvoir s’en sortir. Une partie d’entre elles voient même dans le confinement une opportunité de croissance. Leur point de vue sur la crise est donc bien différent de celui des start-ups.

Depuis des semaines, les start-ups se font entendre avec plus ou moins d’insistance. Le secteur est en danger. Mais qu'en est-il de l’étape d’après? Celle où la jeune pousse devient scale-up et a passé les étapes cruciales de R&D, de recherche d’investisseurs et du développement d’un produit fini. Selon une étude réalisée par le consultant Deloitte, les choses ne vont pas si mal. Loin de là même. La société a interrogé 65 scale-ups belges qui sont visiblement plutôt optimistes lorsqu’il s’agit de parler avenir. 48% d’entre elles estiment même qu’elles sortiront de la crise sans subir d’effet négatif ou qu’elles auront même profité de la situation.

Tout savoir sur le coronavirus Covid-19

La pandémie de coronavirus Covid-19 frappe de plein fouet la vie quotidienne des Belges et l'économie. Quel est l'impact du virus sur votre santé et sur votre portefeuille? Les dernières informations et les analyses dans notre dossier. 

Par thématique:

Un discours plutôt à l’opposé de celui des start-ups qui multiplient les appels à l’aide. "Beaucoup de scale-ups sont aujourd’hui actives dans le secteur des technologies ou des soins de santé qui ont largement à faire à l’heure actuelle", explique Koen Vandaele de Deloitte Belgium Ecosystems & Alliances Leader, en charge de l’enquête.

"Mais à l’inverse des start-ups, elles ont déjà un produit validé avec souvent un soutien financier et la confiance de clients. De plus, les aides proposées par l’État sont plus adaptées pour ce type de structure que pour les start-ups qui ne dégagent pas toujours de revenus", ajoute Kristof Cox, Director Scale-Up Ecosystem chez Deloitte. En ce qui concerne les aides publiques, seule la moitié des entreprises interrogées y ont cependant fait appel pour le moment.

Opportunités à long terme

Sur la capacité à s’en sortir, elles sont même sept sur dix à annoncer qu’elles parviendront à traverser la tempête, même si forcément certaines y laisseront des plumes. "La crise a accéléré les choses et montré l’intérêt des entreprises disruptives. Dans leurs négociations, certaines mettaient des mois à signer avec des partenaires. Désormais, une entreprise qui pensait à se digitaliser doit le faire maintenant, car elle n’a pas d’autre choix", ajoute Kristof Cox.

"La crise va changer les mentalités. À court terme, la perte est forcément réelle, mais les perspectives à long terme ne sont peut-être pas négatives."
Kristof Cox
Director Scale-Up Ecosystem chez Deloitte

Parmi les différents secteurs d’activités, certains restent néanmoins peu optimistes. Les acteurs les plus inquiets sont ceux de la mobilité. Selon l’étude, ils s’attendent à une décroissance de 160% des revenus en 2020. Forcément un coup dur mais, là encore, tout n’est pas noir, selon le consultant. "La crise va changer les mentalités. Concernant la mobilité justement, à titre personnel par exemple, après avoir laissé 8 semaines ma voiture à l’arrêt, il est fort probable que je remette en question l’utilité d’en avoir une. À court terme, la perte est forcément réelle mais les perspectives à long terme ne sont peut-être pas négatives".

Lire également

Publicité
Publicité