Les secrétariats sociaux débordés par les demandes de chômage temporaire

Selon une source, l'Onem devrait pouvoir tenir "à court terme". ©BELGA

En temps de crise, les employeurs inquiets font pleuvoir les questions sur leurs secrétariats sociaux. Dispositif phare face à l'arrêt des activités, le chômage temporaire est tout particulièrement visé et les secrétariats sociaux s'y sont adaptés.

Pour les entreprises immobilisées par le confinement, le chômage temporaire est légion. En effet, puisqu'un nombre sans cesse croissant d'employeurs se heurte à la difficulté de rémunérer son personnel alors que l'activité économique de nombreuses entreprises est contrainte à l'arrêt, le chômage temporaire apparaît comme une solution providentielle pour rester à flot. Le principe: suspension du salaire, mais le travailleur contraint à l'inactivité temporaire peut prétendre à des allocations de chômage.

"La semaine dernière, nous avons reçu plus de 10.000 appels et 12.000 mails."
Inge Verhegge
Responsable clients chez Securex

Dans ce contexte particulier, la règle permettant aux entreprises de faire appel au chômage temporaire a d'ailleurs été assouplie. Comme l'explique le secrétariat social Acerta sur son site internet, "le Conseil des ministres a décidé le 20 mars dernier que la force majeure était acceptée pour tous les employeurs touchés par le coronavirus, soit parce qu'ils ont dû fermer, soit parce qu'ils subissent des perturbations économiques. En outre, la procédure est considérablement simplifiée afin de soulager les employeurs et de permettre aux travailleurs d'obtenir leur allocation le plus rapidement possible." 

Pluie de demandes

Évidemment, ces mesures spéciales ont pour conséquence d'alourdir la tâche des secrétariats sociaux, en première ligne des conséquences sur l'emploi de la crise du coronavirus.

Ce n'est pas surprenant, les demandes de mise en chômage temporaire affluent. "La semaine dernière, nous avons reçu plus de 10.000 appels et 12.000 mails pour des questions sur le chômage temporaire. En temps normal, nous recevons 1.500 mails par mois", nous confie Inge Verhegge, responsable du service clients chez Securex. "Après la décision du gouvernement de jeudi soir, nous avons été submergés de questions par nos clients", poursuit-elle.

Face aux employeurs inquiets, les secrétariats sociaux s'adaptent et, ce, malgré le télétravail imposé pour la plupart des services internes. Aussi, chez Securex, les services connexes sont venus prêter main-forte au département clientèle. "Nous avons pu mobiliser beaucoup de collègues en interne. Il a aussi été décidé de mettre en place un call center spécial. Ainsi, 150 collègues viennent s'ajouter aux 100 chargés de répondre aux clients habituellement", explique encore Inge Verhegge.

Même son de cloche chez SD Worx où "formateurs, consultants et commerciaux ont été réquisitionnés pour répondre aux questions des clients", expose Vassilios Skarlidis, manager au sein de l'entreprise."Pour être débordés, on est débordés. Nous recevons 15 à 20 fois plus de demandes de chômage temporaire qu'en temps normal", ajoute-t-il.

Procédure simplifiée

800.000 à 1 million
De chômeurs temporaires
La ministre fédérale de l'emploi, Nathalie Muylle, estime entre 800 000 et 1 million le nombre de travailleurs qui relèveront du chômage temporaire.

En réponse à cette pluie de demandes, le gouvernement a agi. Toutes les requêtes liées au coronavirus sont désormais considérées comme appartenant à un "cas de force majeure", ce qui simplifie et écourte la procédure de mise en chômage économique. Du reste, les secrétariats sociaux s'efforcent de répondre aux autres questions à coups de foires aux questions et autres webinaires, dans l'espoir de rassurer employeurs et employés.

La ministre fédérale de l'Emploi, Nathalie Muylle (CD&V), estime entre 800.000 et 1 million le nombre de travailleurs qui relèveront du chômage temporaire. L'Onem, chargé de verser les allocations de chômage, devrait pouvoir tenir "à court terme", nous glisse-t-on. En attendant des jours meilleurs, les standards téléphoniques de secrétariats sociaux travaillent, eux, à plein régime. Et ce n'est pas près de s'arrêter.

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