Les secteurs perdants, selon l'agence Moody's

A l'instar de BMW, dont la note est dégradée, Moody's juge le secteur automobile très fortement impacté par la crise. ©REUTERS

L'agence de notation a repassé au crible l'exposition des secteurs économiques à la crise du coronavirus. Elle avait déjà fait l'exercice à la mi-mars, mais entre-temps la crise s'est aggravée, d'où l'intérêt de le refaire. L'automobile apparaît comme le plus touché, tandis qu'à l'opposé, la défense semble... la mieux armée.

L'agence de notation Moody's vient de refaire le point sur les entreprises et les secteurs économiques exposés à la crise pandémique pour l'Europe, l'Asie et le Moyen-Orient. Cet examen lui permet de réajuster les "ratings" qu'elle donne aux grandes sociétés qui empruntent. On y trouve un véritable classement des secteurs les plus – et les moins – affectés par la crise, établi selon les dernières études faites par ses experts.

Le secteur le plus touché est la construction automobile au sens large, c'est-à-dire en y englobant les entreprises qui opèrent tout au long de la chaîne d'approvisionnement. Selon les calculs de l'agence, la demande globale pour les automobiles va se contracter de 14% sur l'ensemble de l'année et risque de chuter de 30% au deuxième trimestre. Moody's a placé sous révision sept constructeurs auto: Daimler, Jaguar Land Rover, Peugeot, Renault, VW, Volvo Car AB et McLaren Holdings. Elle a en outre dégradé BMW d'un cran (A2) tout en maintenant son nouveau rating sous revue en vue d'une nouvelle dégradation. Elle a également placé 14 fournisseurs automobiles sous révision.

Selon Moody's, la demande globale pour les automobiles va se contracter de 14% sur l'ensemble de l'année et risque de chuter de 30% au deuxième trimestre.

Les secteurs de l'hébergement et des restaurants sont deuxième et troisième dans ce classement négatif, devant les loisirs et le divertissement, quatrième, et les jeux de hasard, dont les versions en ligne ne suffiront pas à compenser les pertes de revenus dans les jeux "physiques". 

Transports aérien et maritime frappés de plein fouet

La distribution (commerce) et le transport complètent le tableau pour ce qui est des secteurs très exposés. Avec des nuances importantes, qui renvoient aux sous-secteurs: dans la distribution, c'est le non alimentaire qui est touché, alors que l'alimentaire se maintient bien. Dans le transport, ce sont l'aérien et le maritime qui subissent péniblement la crise. "Nous prévoyons que nombre de compagnies aériennes demanderont une forme ou l'autre d'aide financière aux gouvernements dès lors qu'elles font face à l'épuisement de leurs liquidités", souligne l'agence. Elle a notamment dégradé la note de Lufthansa, la maison mère de Brussels Airlines.

"Nous prévoyons que nombre de compagnies aériennes demanderont une forme ou l'autre d'aide financière aux gouvernements dès lors qu'elles font face à l'épuisement de leurs liquidités."
Agence Moody's

Les secteurs les mieux armés

À l'autre extrémité du classement, Moody's pointe les soins de santé, la distribution de gros, la pharma et la défense: ces secteurs-là s'en tirent le mieux, selon ses analystes. Elle observe aussi que le secteur de l'emballage s'en sort bien, vraisemblablement parce qu'il fournit les secteurs agroalimentaire et des soins de santé, qui sont tous deux jugés robustes.

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