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Les services de livraison à domicile plient mais ne rompent pas

Les livraisons "sans contact" sont désormais légion. ©BELGA

Les produits de première nécessité vendus en ligne ont la belle vie en cette période de confinement. Les services de livraison, eux, restent actifs afin de garantir aux ménages la possibilité de consommer mais ils craignent que la situation s'éternise.

Confinés à domicile ou rebutés par les queues interminables à l'entrée des supermarchés, les Belges se tournent naturellement vers le commerce en ligne alors que la crise sanitaire bat son plein. Cette période, synonyme de chômage économique pour certains, rime donc avec travail acharné pour bon nombre de livreurs alors que les spécialistes du secteur de livraison de colis tournent à plein régime.

250.000 à 300.000
colis traités par jour
Chez Bpost, les volumes de colis traités par jours restent stables, compris entre 250.000 et 300.000 par jour.

Pourtant, le commerce en ligne et les livraisons de colis n'explosent pas. Chez Bpost par exemple, les volumes de colis traités par jours restent stables, compris entre 250.000 et 300.000 par jour. 

Priorité à l'essentiel

En réalité, si les commandes en ligne augmentent de façon spectaculaire pour les produits de première nécessité, elles tendent à fortement baisser lorsqu'elles concernent des produits non essentiels. "Les sites de vente en ligne proposant des produits de beauté, alimentaires ou pharmaceutiques se portent très bien alors que beaucoup d'autres sont pratiquement à l'arrêt", expose Sofie Geeroms, la directrice générale de BeCommerce, l'association belge du commerce en ligne.

"C'est une vraie crise mais l'e-commerce permet de satisfaire les besoins primaires de la population."
Sofie Geeroms
Directrice générale de BeCommerce

Dans un cas comme dans l'autre, la situation est qualifiée d'"extrême" par la directrice générale. À titre d'exemple, Sofie Geeroms cite le cas de Lens Online, l'opticien en ligne, dont les ventes ont plus que doublé depuis le début du confinement. À l'inverse, elle nomme le site Tele Ticket Service, une plateforme de vente en ligne de billets événementiels, qui a vu son chiffre d'affaires s'évaporer. "C'est une vraie crise mais l'e-commerce permet de satisfaire les besoins primaires de la population", poursuit-elle. "Nous voulons dire aux consommateurs que les magasins en ligne leur donnent la liberté d'acheter ce qu'ils veulent, sans se limiter aux produits locaux", insiste-t-elle.

Les géants s'adaptent

Du côté des géants du commerce en ligne, le service reste aussi assuré même si certaines limitations apparaissent. Amazon, par exemple, annonce: "accorder la priorité aux produits dont les clients ont le plus besoin. Certains autres produits peuvent être temporairement indisponibles, et les délais de livraison peuvent être plus longs que la normale." Bol.com, le marché en ligne néerlandais, prévient aussi du risque de délais de livraison plus longs qu'à l'accoutumée. Même son de cloche chez le chinois Alibaba ou le japonais Rakuten.

Naturellement, pour que la vente en ligne permette aux consommateurs de combler leurs besoins primaires (ou non), il est primordial que la livraison suive et continue d'être assurée de façon sûre. À ce sujet, la directrice de BeCommerce assure que "la livraison ne pose aucun problème à l'heure actuelle". 

Les services de livraison opérationnels

"À l'heure actuelle, nous sommes capables d'assurer les livraisons normalement mais cela devient de plus en plus compliqué."
Frank Jahn
Directeur marketing de DPD Belux

En Belgique, les principaux services de livraison sont opérationnels et tentent de composer avec la situation. C'est le cas de DPD, qui enregistre une hausse de 20 à 30% des livraisons sur le territoire. "Les produits alimentaires, les jouets et les produits pour animaux augmentent considérablement alors que les livraisons en business-to-business sont en baisse", détaille Frank Jahn, directeur marketing pour le Belux. "À l'heure actuelle, nous sommes capables d'assurer les livraisons normalement mais cela devient de plus en plus compliqué à mesure que les arrêts pour maladies se multiplient. On se demande combien de temps cette situation va durer."

Le constat est un peu différent pour Mondial Relay dont le réseau, reposant lourdement sur les points de dépôts, n'est plus actif qu'à 50%, les commerces non essentiels ayant été contraints de fermer leurs portes. "Contrairement à la France, nos services restent actifs en Belgique", tient à assurer Jean-Pierre Herdies, le directeur général de l'entreprise pour le Belux.

"Contrairement à la France, nos services restent actifs en Belgique."
Jean-Pierre Herdies
Directeur général de Mondial Relay Belux

Chez Bpost, 95% des points de dépôts restent ouverts. "On arrive à assurer le service malgré l'absentéisme", indique la porte-parole, Delphine Van Bladel. On le comprend, la crise pèse de tout son poids sur un secteur rendu vital par les circonstances mais qui, à ce jour, n'est pas encore prêt à rompre.

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