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Les syndicats choqués par l'ampleur de l'annonce de Brussels Airlines

Les permanents syndicaux à la sortie du conseil d'entreprise extraordinaire organisé chez Brussels Airlines. ©Photo News

Les syndicats vont tenter de diminuer le nombre de départs au maximum. La direction se montrerait flexible à cet égard. Les représentants des travailleurs n'entendent pas non plus se laisser dicter un calendrier trop rapide.

Dire que les syndicats de Brussels Airlines ont été secoués ces derniers jours est un euphémisme. Tant la CNE que le Setca ou la CGSLB se sont dit "choqués" par le nombre de départs. 1.000 personnes en moins, cela équivaut à 800 équivalents temps plein chez Brussels Airlines. 

Évidemment, le nombre de 1.000 personnes est encore à négocier. La direction de l'entreprise est disposée en effet à examiner toutes les options permettant de réduire au maximum l'ampleur du plan. Sont ainsi sur la table les départs à la pension, les possibilités de prépension, la non-prolongation de contrats temporaires ou encore des départs volontaires. L'ambition est en outre de ne pas avoir de licenciements secs pour le personnel de cabine. Autant de signaux relativement positifs que relèvent les syndicats.

Mais tout est loin d'être rose. "J'ai l'impression que l'on nous a fait rentrer dans un jeu avec le gouvernement et Lufthansa. J'ai aussi la sensation que plus on concédera sur les conditions de travail, moins il y aura de licenciés", a réagi Didier Lebbe, secrétaire permanent CNE. "Nous allons en tous cas prendre le temps d'examiner le plan. S'ils attendent notre accord sans analyse, ce sera non. On ne signera pas un chèque en blanc comme ça", prévient-il. "On ne peut pas déployer ce plan tant qu'il n'y a pas d'accord entre le gouvernement belge et Lufthansa", a renchéri Anita Van Hoof pour le Setca/BBTK, qui entend bien "garder un maximum de monde à bord".

"Il faut intensifier ces négociations entre l'État et le groupe allemand", a abondé Filip Lemberechts, secrétaire permanent CGSLB/ACVLB.

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Diminutions salariales

La direction demanderait aussi aux travailleurs d'accepter des diminutions salariales ce qui permettrait, là aussi, de de diminuer le nombre de départs. Les salaires du personnel navigant comprennent une bonne partie de variable, par exemple pour les nuitées passées à l'étranger. La direction demanderait donc de raboter dans cette variable pour sauver des emplois.

Le timing est toutefois très serré puisque les liquidités viennent à manquer du côté de Brussels Airlines. Ses coûts fixes n'ont en effet pas disparu avec la crise et les avions cloués au sol depuis le 21 mars.

L'entreprise perd dès lors environ un million d'euros par jour. La compagnie espère aboutir à un accord avec les syndicats d'ici la fin du mois, a-t-elle indiqué aux syndicats. Lors d'un point presse, Dieter Vranckx n'a cependant pas été aussi affirmatif. Il a dit ne pas vouloir s'attacher à une date limite pour les négociations à venir, mais a reconnu que la réorganisation devait avoir lieu "le plus rapidement possible". "Le temps est limité. Nous allons essayer de mettre en œuvre l'intégralité de la restructuration en 2020, afin de pouvoir être prêts avec la nouvelle Brussels Airlines à partir de 2021."

Il n'a pas voulu s'étendre sur les différentes discussions, estimant que cela devait d'abord être débattu au sein de l'entreprise. "Notre but est de protéger un maximum de jobs", a-t-il assuré.

"Il y a un conseil d’entreprise vendredi, on a réussi à le repousser d'un jour. Si on écoutait la direction, il devait y avoir un accord dans la journée. On va essayer de reprendre le contrôle du calendrier", insiste Didier Lebbe.

Le syndicaliste rappelle que plusieurs phases sont prévues dans la loi Renault dont une phase d'information. Et cette information ainsi que des contre-propositions sont difficiles à formuler quand on ne connaît pas le sort qui sera réservé aux demandes d'aide d'État adressées au gouvernement belge. 

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