Les tour-opérateurs s'accrochent à leurs vouchers

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Alors que le commissaire européen Didier Reynders rappelait mercredi que les vacanciers ont le droit de se faire rembourser l'annulation de leur voyage à la suite de la pandémie, la fédération sectorielle entend suivre l'arrêté de la ministre de l'Économie qui prévoit un bon à faire valoir dans les douze prochains mois.

"Je suis un peu étonné. Il y a un arrêté ministériel et nous comptons l'appliquer." Ainsi a réagi Jean-Luc Hans, vice-président de l'Association of Belgian Travel Organisers, à la sortie de Didier Reynders, commissaire européen à la Protection des consommateurs, qui recadre les autorités belges quant à la dérogation à l'obligation de rembourser les voyages à forfait annulés.

La semaine dernière, un arrêté de la ministre fédérale de l'Économie Nathalie Muylle stipulait que si un voyage à forfait était résilié en raison de la crise sanitaire actuelle, que ce soit à la demande du voyageur ou en raison des contraintes pesant sur l'organisateur, ce dernier est en droit de lui délivrer un bon à valoir pour le montant payé au lieu d'un remboursement.

Une annonce qui avait suscité un soupir de soulagement dans le secteur. Le texte prévoyant que le client ne pouvait refuser ce voucher pour autant qu'il remplisse un certain nombre de conditions, notamment concernant son montant et sa validité. Les bons devaient également être couverts par une assurance insolvabilité. 

"Il y a un arrêté ministériel et nous comptons l'appliquer."
Jean-Luc Hans
Vice-président de l'ABTO

Test-Achats n'avait cependant pas vu la mesure d'un aussi bon œil. L'association soulignait alors que cette décision était incompatible avec une directive européenne.

Mercredi, Didier Reynders indiquait à plusieurs quotidiens que la ministre Muylle avait été rappelée à l'ordre: la législation européenne est claire et la crise n'y change rien. Le voyageur garde un choix absolu entre un bon et un remboursement. S'il souhaite ce dernier, c'est son droit.  

Situation exceptionnelle

Le secteur touristique n'entend cependant pas plier si facilement et compte bien profiter de la dérogation fédérale entrée en vigueur la semaine dernière. "La directive existe", concède Jean-Luc Hans. "Elle a été traduite en loi fédérale et celle-ci a été adaptée", fait-il valoir. 

"C'est un cas de figure exceptionnel. Il faut supporter le secteur du voyage qui représente plusieurs milliers d'emplois", ajoute-t-il, arguant que la France a déjà pris le même type de dispositions alors que les Pays-Bas s'apprêtent à suivre ce mouvement. 

Le vice-président de l'ABTO ajoute ne pas craindre les potentielles actions en justice qui découleraient des refus de remboursement. "Nous ne voulons pas créer de polémique, mais la Belgique doit s'arranger avec l'Europe."

Les tour-opérateurs sont encore occupés à rapatrier nombre de vacanciers, précise Jean-Luc Hans, qui ne se fait que peu d'illusions quant à une reprise des activités touristiques au début avril.

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