Les universités achèveront l'année en mode virtuel

L'enseignement virtuel restera d'application jusqu'à la fin de l'année académique dans les universités de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB).

Les universités flamandes l'avaient décidé dès vendredi, celles de la Fédération Wallonie-Bruxelles viennent de le faire: il n'y aura plus de cours en présentiel lors de cette année académique. Le mode d'enseignement à distance restera de mise jusqu'à la fin juin.

Amphithéâtres déserts, laboratoires quasi vides, bibliothèques dépeuplées... Ces images vont persister jusqu'à la fin de l'année académique dans les universités du Royaume. Après leurs homologues flamands, les recteurs de la Fédération Wallonie-Bruxelles ont tranché: il n'y aura plus de cours en présentiel sur leurs campus jusqu'à la fin du mois de juin.

"Outre l’aspect protecteur de la mesure, elle permet une planification sereine dans la continuité en évitant les problèmes d’un retour hypothétique, et à une date inconnue, vers l’enseignement en présentiel", a précisé le Conseil des recteurs (Cref) dans un communiqué. En ce qui concerne l'organisation des examens, aucune décision n'a encore été prise, mais toutes les universités "se fixent comme but de clôturer le deuxième quadrimestre, en ce compris les évaluations, sans déroger significativement au calendrier initialement prévu".

Pour la seconde session et le démarrage de l’année académique 2020-2021, le timing reste, pour l'heure, inchangé. 

"Les enseignants et les étudiants ont jusqu'à présent fait preuve de beaucoup de civisme pour que tout se déroule bien."
Benoît Raucent
Directeur du Learning Lab UCLouvain

Défi technique

Comme c'est le cas depuis le 16 mars, les savoirs universitaires vont donc continuer à se transmettre via le truchement d'un écran d'ordinateur, d'une tablette ou d'un smartphone. Dans cette période tourmentée par la crise du coronavirus, l'enseignement à distance se voit peut-être offrir l'opportunité de gagner ses lettres de noblesse.

3.650
Classes virtuelles
Plus de 3.600 classes virtuelles, rassemblant professeurs et étudiants, ont été mises sur pied à l'UCLouvain la semaine dernière

À l'UCLouvain, où pas moins de 3.650 classes virtuelles rassemblant étudiants et professeurs ont été mises en place, on se prépare pour la suite avec optimisme. Jusqu'à présent, l'expérience est positive, mais le directeur du Louvain Learning Lab, Benoît Raucent, est conscient de l'ampleur du défi, notamment sur le plan technique.

"Les enseignants et les étudiants ont jusqu'à présent fait preuve de beaucoup de civisme pour que tout se déroule bien, explique-t-il. Techniquement, cela marche aussi, mais il faut admettre qu'il y a certains freins". Comme le fait que tous les enseignants ne maîtrisent pas les outils technologiques à la perfection ou encore que des travaux pratiques sont quasiment impossibles à transposer dans un univers virtuel.  

"Avec les vacances de Pâques qui arrivent, nous allons encore pouvoir améliorer notre offre. Notre principe directeur restera l'autonomisation des enseignants", détaille Benoît Raucent.

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Du côté de l'ULiège, la confiance est également de mise. Depuis le 13 mars, l'infrastructure UniCast y tourne à plein régime. En fin de semaine dernière, l’université de la Cité ardente proposait pas moins de 2.644 cours en podcasts à ses étudiants. Ceux-ci ont été consultés environ 18.000 fois chaque jour, alors que la moyenne était de 1.600 avant les mesures de confinement. Via la plateforme LifeSize, 14.237 visioconférences ont par ailleurs été réalisées.

"Tous ces systèmes en ligne sont fonctionnels et tiennent la charge. Les capacités de bande passante sont en outre constamment adaptées par les services informatiques", nous assure-t-on à l'ULiège.

Examens en mode virtuel

En ce qui concerne l'organisation d'examens à distance, Benoît Raucent de l'UCLouvain affirme que plusieurs scénarios sont déjà sur la table. "Des systèmes de monitoring d'écran, afin de vérifier toutes les opérations réalisées sur un ordinateur, et d'autres éléments sont à l'étude. On avait déjà ces idées dans nos cartons, mais le passage à la pratique va être plus rapide que prévu. On va devoir aller plus loin et plus vite, mais nous serons prêts", conclut-il.

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