analyse

Les voyages touristiques sont dans le collimateur

Les vacances à la neige semblent compromises. ©REUTERS

Après des jours d'atermoiement, une décision sur les voyages non essentiels devrait tomber ce vendredi. On se dirige vers une interdiction des déplacements à vocation touristique. Pour tout le mois de février ou juste pour la semaine de Carnaval?

Cela fait déjà maintenant plusieurs semaines que de nombreux experts plaident pour une vraie limitation des voyages. Longtemps, le gouvernement Vivaldi a renâclé. "Je ne pourrais pas comprendre ce qui n'est pas clair quand on dit que c'est vivement déconseillé", avait lancé à la Chambre le Premier ministre Alexander De Croo. Mais visiblement, la pression est devenue telle que ça devrait changer avant la fin de la semaine.

"Il suffit, dans la situation actuelle, qu’il y ait une petite étincelle et ça s’enflamme de nouveau."
Alexander De Croo
Premier ministre

Pourtant, les chiffres de l'épidémie n'ont guère remué ces derniers jours. La Belgique reste bonne élève, même. Les contaminations tournent autour de la barre des 2.000 par jour.

Entre le 15 et le 21 janvier, les hôpitaux ont admis en moyenne 125 nouveaux patients atteints du Covid-19 chaque jour (+3%). Entre le 12 et le 18 janvier, 1.963 cas de Covid-19 ont été dépistés en moyenne par jour (-6%). Le taux de reproduction du virus remonte à 1,04, contre 1,03 la veille.

"Il suffit dans la situation actuelle qu’il y ait une petite étincelle et ça s’enflamme de nouveau", glissait cependant mercredi soir Alexander De Croo, au JT de la RTBF.

Les variants se répandent

Les fameux variants étrangers pourraient être cette étincelle, comme ça a été le cas dans d'autres pays. Ils ont déjà été détectés dans des tests sur des personnes résidant en Belgique. Ainsi, mercredi, on apprenait que 44 contaminations au Covid-19 dans une maison de repos namuroise étaient toutes dues au variant britannique du virus.

48
heures
Pour l'instant, les tests et la quarantaine ne sont pas obligatoires pour les personnes qui ont séjourné à l'étranger pendant moins de 48 heures ou qui sont restées dans notre pays pendant moins de 48 heures.

Le gouvernement fédéral argumentait jusqu'ici qu'il préférait qu'une décision sur les voyages soit prise au niveau européen et non belgo-belge. Ça tombe bien, ce jeudi soir, les chefs d'État et de gouvernement européens réexamineront leur approche de la pandémie. Au menu: la campagne de vaccination, la stratégie de test, les voyages, le certificat de vaccination.

Un comité ministériel restreint avait déjà examiné, lundi, d'éventuelles nouvelles mesures pour freiner l'arrivée des différents variants. Mais il n'avait rien décidé, reportant toute nouvelle résolution à la fin de semaine, après le sommet européen et concertation avec les entités fédérées, lors d'un Comité de concertation prévu vendredi.

Rappelons que, pour l'instant, les tests et la quarantaine ne sont pas obligatoires pour les personnes qui ont séjourné à l'étranger pendant moins de 48 heures ou qui sont restées dans notre pays pendant moins de 48 heures.

Une interdiction temporaire et ciblée

Alexander De Croo plaidera lors du Comité de concertation de ce vendredi (début à 14h) pour une interdiction temporaire et ciblée des voyages non essentiels à l'étranger. Il aurait voulu que cela soit entériné au niveau européen mais le Sommet de jeudi soir n'a pas abouti à une telle décision.

"Ça ne veut pas dire qu’on ferme les frontières, ni que les transfrontaliers ne peuvent pas continuer à aller travailler de l’autre côté de la frontière."
Alexander De Croo

Restera à cerner ce qu'est un voyage essentiel. Lors du premier confinement, une telle interdiction avait déjà été édictée avec plusieurs exceptions (raisons humanitaires, professionnelles...).

On vise cette fois clairement les voyages touristiques. Notamment les séjours au ski. Les voyages professionnels resteraient autorisés. "Il faut être clair, ça ne veut pas dire qu’on ferme les frontières, ni que les transfrontaliers ne peuvent pas continuer à aller travailler de l’autre côté de la frontière. Les voyages qui ne sont pas essentiels, ceux dont on peut se passer comme le tourisme, clairement on ne peut plus prendre ce risque-là", a expliqué le Premier ministre. De même, les voyages à l'intérieur de la Belgique resteront permis.

Les vacances de Carnaval

Mais quand interdirait-on ces voyages? Soit pour tout février, soit juste pour la semaine de Carnaval. C'est à déterminer cet après-midi lors du Comité de concertation.

Qu'en pense-t-on du côté des entités fédérées? Il n'y semble pas y avoir d'obstacle. Cela fait une semaine que la ministre wallonne de la Santé Christie Morreale a estimé que ce serait "la prudence même" d'interdire les voyages non essentiels. En Flandre, le ministre-président Jan Jambon (N-VA) se montre favorable à l'idée, de même que le ministre flamand du Bien-être, Wouter Beke (CD&V).

Mais, comme pour les autres mesures, il faudra essayer d'en assurer le respect. Par l'adhésion volontaire d'abord, mais on voit avec les tests et quarantaines que c'est difficile. Sinon par des contrôles sur les personne sortant et entrant dans le pays... Et des sanctions. Confirmation et détails attendus ce vendredi, dans la foulée du Comité de concertation.

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