Lourd impact du Covid-19 sur l'emploi belge

Le taux de chômage risque de grimper de 5,4% fin 2019 à 6,4% à la fin de cette année, selon l'Ires. ©Photo News

Le PIB belge devrait chuter, au second trimestre, entre -5 et -7%, selon l'Ires. Pour l'année, la croissance devrait reculer à -4%. Et le nouveau coronavirus inflige un coup dur à l'emploi.

L'économie subit de plein fouet la crise sanitaire due à l'épidémie de Covid-19. Les mesures de confinement ont mis à l'arrêt de nombreux secteurs. "Même avec la perspective d’une reprise de l’activité durant la seconde partie de l’année, l’économie mondiale sera inévitablement en récession cette année", constate l'Ires dans sa dernière analyse trimestrielle de conjoncture. Pour la zone euro, l'institut de l'UCLouvain parle d'une "sévère récession" avec une baisse du PIB de 3 à 4%.

Et en Belgique?

"Nous nous attendons à présent, selon notre scénario de base, à ce que l'économie belge recule de près de 4% en 2020."
L'Ires
UCLouvain

Depuis le début de la crise, les prévisions pour la Belgique se font assez alarmistes. La confiance des entreprises et des ménages avait déjà fortement chuté en mars. L'épidémie provoque un choc d'offre et de demande... Récemment, Belfius tablait sur une contraction de 5% du PIB en 2020. Pour l'Ires, les dégâts seraient un peu moins profonds. 

"Alors que nous prévoyions il y a trois mois une hausse de l'activité économique d'un peu plus de 1% pour cette année, nous nous attendons à présent, selon notre scénario de base, à ce que l'économie belge recule de près de 4% en 2020." Pour le deuxième trimestre, la croissance du PIB devrait se situer entre -5 et -7%, selon l'Institut de recherche économique et sociale de l'UCLouvain.

La chute des cours du pétrole et les mesures de soutien prises par la Belgique et les autres États devraient permettre une reprise en seconde partie d'année, mais à un rythme modéré vu les conséquences de la crise sur la situation financière des ménages et des entreprises, les difficultés des chaînes d'approvisionnement et le climat d'incertitude globale. En effet, les risques sont nombreux et dépassent l'aspect purement sanitaire. Le système bancaire pourrait se retrouver sous pression. Un regain de tensions entre les États-Unis et la Chine est à craindre. Les négociations commerciales post-Brexit pourraient se compliquer...

Quid de l'emploi?

Ce scénario se base sur un confinement, déjà en place depuis le 18 mars, qui durerait au total de 6 (fin avril) à 8 semaines (mi-mai), suivi par une reprise graduelle de l'activité économique. "La sortie de la crise sanitaire devra donc être gérée avec la plus grande prudence et sans aucune précipitation", insiste l'Ires, rappelant le risque d'une seconde vague de contamination au Covid-19.  

La situation sur le marché du travail devrait nettement se dégrader, explique l'Institut de l'UCLouvain, qui prévoit une hausse des demandeurs d'emploi évaluée à 35.000 personnes. Le taux de chômage grimperait de 5,4%, fin 2019, à 6,4% à la fin de cette année.

Lire également

Publicité
Publicité