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Maisons de repos, en première ligne mais délaissées

Journaliste politique

Inquiétude dans les maisons de repos.

Le personnel des maisons de repos est exemplaire. Avec des moyens limités et la peur au ventre, il se démène chaque jour pour accompagner au mieux nos séniors. Ses efforts méritent d'être salués au même titre que ceux des soignants actifs dans les hôpitaux d'Arlon à Knokke.

Depuis le début de l'épidémie en Belgique, plus de 40% des décès sont survenus dans des maisons de repos. En première ligne, ce secteur a longtemps été délaissé par les autorités. Malgré ses appels répétés, le matériel de protection et de dépistage, pourtant indispensable, n'y a été livré qu'au compte-gouttes, quand il l'a été... Sans les initiatives de groupes privés et de CPAS, qui n'ont pas hésité à explorer tous les réseaux possibles pour s'approvisionner, la situation serait pire encore.

"Sans les intiatives de groupes privés et de CPAS, qui n'ont pas hésité à explorer tous les réseaux possibles pour s'approvisionner, la situation serait pire encore."

Bien que le personnel ait élevé la débrouille au rang d'art ces dernières semaines, il peine désormais à cacher son amertume. Un sentiment d'abandon occupe les esprits. Les campagnes de dépistage massives annoncées par les autorités ne rassurent pas. Pire, elles inquiètent! Alors qu'elles arrivent "trop tard" pour les uns, elles font craindre aux autres une aggravation des pénuries de personnel. Soyons clair, déjà à la corde, le secteur ne pourra pas se passer des travailleurs asymptomatiques porteurs du virus. Une aberration? Certains le pensent.

Dans ces conditions, les autorités doivent absolument s'assurer que toutes les structures disposent de matériel de protection en quantité. Si ce n'est pas le cas, le personnel asymptomatique devra être écarté. Des effectifs supplémentaires, qu'ils soient volontaires ou issus de la Défense, doivent être mobilisés et se tenir prêts à intervenir en cas de manque de bras. 

Rappelons-le, les maisons de repos ne sont pas équipées pour dispenser des soins aigus. Pour les soulager, des transferts en hôpitaux, là où il y a encore de la capacité, sont indispensables. Ne pas le faire, c'est prendre le risque de voir des établissements se transformer en mouroir.

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