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Message aux politiques: dépassez-vous!

Editorialiste

Le coronavirus, c'est bien plus qu'une crise sanitaire.

Et tout à coup, ça bouge. En Belgique, c'est quand l'urgence est là que le sens des responsabilités refait surface. Soudain, face au danger du coronavirus, des ministres convergent vers Bruxelles, se concertent au travers d'un conseil national de sécurité. Evidemment, il s'en trouve toujours l'un ou l'autre pour la jouer perso. Bart De Wever a cru bon d'affirmer que, du côté d'Anvers, on pouvait se passer d'une lutte coordonnée contre le Covid-19.

Le bourgmestre nationaliste a préféré jouer sur les mots (le gouvernement fédéral recommande d'interdire les événements de plus de 1.000 personnes mais il ne peut pas les interdire en tant que tel) pour tenter de saper l'action nationale, même face à un besoin impérieux comme celui-ci. Ce n'est pas du tout à la hauteur des enjeux

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Car ce que ce virus a déclenché n'est pas qu'une crise sanitaire. C'est bien plus. C'est une crise tout court. Quelles en seront les conséquences économiques et financières? La profondeur de cette crise n'est pas encore connue mais, déjà, la perspective d'une récession est évoquée en Belgique.  

"Prenez vos responsabilités, prouvez-nous que vous avez pris la mesure de ce qui se passe, montrez-nous ce que vous avez dans le ventre. Dépassez-vous!"

Et que fera-t-on alors? Au-delà de mesures temporaires, un gouvernement minoritaire n'aura pas la surface pour relancer la machine. Le pays a besoin d'autre chose qu'un conseil national de sécurité en ordre de marche. Il a besoin d'un vrai moteur politique, d'un gouvernement légitime, actif à la fois face à l'urgence et sur tout le reste. Excusez la naïveté profonde de ce qui suit mais voilà, ce pays a besoin d'une majorité fédérale.

C'était déjà vrai il y a neuf mois. Mais là, il n'y a plus le choix. Tant pis si c'est une cause extérieure comme le coronavirus qui provoque le sursaut. Fondamentalement, cette crise venue d'ailleurs est une mauvaise raison de se bouger. Il eût été tellement préférable qu'une majorité vienne de soi, spontanément. Elle n'est pas venue, c'est moche, mais la crise est bien là, elle. Voyons-la comme une occasion, non pas de tout régler pour vingt ans, mais d'avancer. On en a tous besoin.

Notre message aux présidents de parti, qui ont tout à dire dans ce pays, est donc très simple: prouvez-nous que vous avez pris la mesure de ce qui se passe, prenez vos responsabilités, montrez-nous ce que vous avez dans le ventre. Dépassez-vous!