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Mobilisation populaire

Les particuliers flamands et wallons vont pouvoir participer à la relance des PME.

Depuis la fin du mois de mars, nous évoquons dans ce journal l’idée de mobiliser l’épargne des Belges pour venir en aide aux PME qui sont durement touchées par cette crise. C’était notamment la proposition soutenue par Georges Hübner, professeur de finance à l’Université de Liège et par ailleurs administrateur indépendant de Belfius Banque. 

Plus de deux mois plus tard, une initiative est enfin sur la table. Mais le Fédéral, toujours penché sur le cas Brussels Airlines, étant plutôt en "stand-by", ce sont les Régions qui ont pris la main. Et la Flandre a réussi ici à prendre de court tant Bruxelles que la Wallonie. Cette dernière devrait sortir du bois cette semaine. C’est une excellente nouvelle. Car l’urgence est là. Nos entreprises ont besoin de consolider leurs fonds propres et de trouver des moyens de se relancer après ces longues semaines de confinement.

Nombreux sont les Belges qui sont prêts à prendre davantage de risques pour accompagner la relance de nos PME.

Ce que le gouvernement flamand a annoncé en début de semaine va dans le bon sens. Le nouveau fonds investira dans des PME, des start-ups, des scale-ups et autres entreprises innovantes. Les particuliers pourront bénéficier durant les trois premières années d'un avantage fiscal de 2,5% sur le montant qu'ils auront investi (avec un maximum toutefois de 1.000 euros par contribuable), tout en profitant aussi d’un avantage en matière de succession.

Les responsables flamands l’affirment haut et fort: ils veulent activer l’épargne dormante. Certains rétorqueront que les milliards d’euros déposés sur les comptes d’épargne sont déjà mobilisés. Ils sont utilisés pour prêter de l’argent aux entreprises et aux ménages, notamment pour financer les prêts hypothécaires. C’est vrai, mais seulement en partie. Il y a de l’épargne en Belgique qui pourrait encore mieux être utilisée. Des banquiers l’avouent même en aparté: ils ont trop d’épargne dans leurs murs. Bien entendu, ces fonds qui investissent dans des PME présentent un autre risque que celui du compte d'épargne réglementé. Mais nombreux sont aujourd'hui les Belges qui sont prêts à prendre davantage de risques pour accompagner la relance de notre économie. On doit plutôt s'en réjouir. 

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