"Nous sommes en guerre" face au coronavirus, selon Emmanuel Macron

"Partout sur le territoire français, seuls doivent demeurer les trajets nécessaires, pour faire ses courses, en respectant les distances, pour se soigner, pour aller travailler", a annoncé le président français Emmanuel Macron lundi soir. ©AFP

Lundi soir, le président de la République française a annoncé des mesures plus strictes pour réduire les déplacements dès ce mardi et pendant 15 jours au moins. Le bilan a grimpé lundi à 148 morts dans l'Hexagone, avec une hausse exponentielle des cas de contamination, à plus de 6.000.

"Nous sommes en guerre." C'est avec ces mots, qu'il a martelés plusieurs fois, qu'Emmanuel Macron a confirmé un durcissement des mesures de lutte contre l'épidémie. Le président de la République a annoncé que dès ce mardi midi et pour 15 jours au moins, les "déplacements seront très fortement réduits". "Les regroupements extérieurs ne seront plus permis, les réunions familiales, retrouver ses amis dans un parc, dans la rue, ne sera plus possible: il s'agit de limiter les contacts au maximum au delà du foyer," a-t-il détaillé sans prononcer le mot "confinement".

"Les armées apporteront aussi leur concours pour déplacer les malades les plus infectés et réduire la congestion."
Emmanuel Macron
Président français

"Partout sur le territoire français, seuls doivent demeurer les trajets nécessaires, pour faire ses courses, en respectant les distances, pour se soigner, pour aller travailler", a-t-il ajouté. "Toutes les entreprises doivent s'organiser pour faciliter le travail à distance. Et quand cela ne sera possible, elles devront adapter leur organisation", a encore précisé le chef de l'État, indiquant que "toute infraction sera sanctionnée", comme c'est le cas en Italie. Il a précisé que les modalités seraient livrées par le gouvernement dans les prochaines heures.

Emmanuel Macron a également indiqué que les masques de protection seront désormais réservés en priorité aux hôpitaux, à la médecine de ville et de campagne et en particulier aux généralistes et aux infirmières. Dès mercredi, taxis et hôtels pourront être mobilisés pour les soignants. "L'État paiera", a insisté le président. "Les armées apporteront aussi leur concours pour déplacer les malades les plus infectés et réduire la congestion", a-t-il assuré.

Suspension des réformes et élections

Pour mener le combat, Emmanuel Macron a annoncé que le gouvernement devait lutter "jour et nuit" contre cette épidémie. Pour ce faire, "toutes les réformes sont suspendues, à commencer par la réforme des retraites". Un projet de loi sera également voté dès mercredi pour légiférer si besoin par ordonnance dans les domaines relevant de la gestion de crise. Le chef de l'État a annoncé, par ailleurs, le report du second tour des élections municipales.

"Cette décision a fait l’objet d'un accord unanime" avec les chef de partis, a indiqué Emmanuel Macron. Au plan économique, il a rappelé que serait mis en place "un dispositif exceptionnel de report de charges fiscales et sociales. Celles qui font face à des difficultés n'auront rien à débourser, ni les impôts, ni les cotisations sociales; les factures de gaz ou d'électricité ainsi que les loyers devront être suspendus. En outre, afin que personne ne soit laissé sans ressources, le dispositif de chômage partiel sera massivement élargi pour les salariés."

Des municipales occultées par le coronavirus

L'abstention a atteint un record historique de 55,36% au premier tour des municipales, dimanche. Cette fois, la leçon semble avoir été tirée, et le report du second tour des municipales au 21 juin, comme l'a proposé le Premier Ministre, fait consensus au sein de la classe politique française.

Au premier tour, les électeurs avaient de quoi être déboussolés. Avec d'un côté, l'annonce de mesures de confinement, et l'appel de 6 présidents de région et de médecins à reporter (la veille au soir) le scrutin, et de l'autre, l'appel à la citoyenneté du gouvernement. Résultat, près d'un Français sur deux s'est abstenu de mettre un bulletin dans l'urne.

Comme prévu, ce premier tour a cependant été marqué par une prime aux maires sortants, qui a bénéficié aux Républicains et au Parti Socialiste avec, par exemple, la domination d'Anne Hidalgo à Paris. Il confirme également la poussée des écologistes, en tête dans plusieurs grandes villes, comme Strasbourg, Bordeaux, Grenoble, Lyon. Et les bons scores du Rassemblement National de Marine Le Pen. Les maires à Hénin-Beaumont, Fréjus, Beaucaire et Hayange, Béziers sont réélus au premier tour tandis que le parti est bien placé pour conquérir Perpignan.

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