Pas d'examens de fin d'année pour les élèves de l'enseignement francophone

En raison de la prolongation du confinement au-delà du 19 avril, les épreuves de certification sont annulées dans l'enseignement francophone. ©Photo News

Il appartiendra aux conseils de classe de se prononcer sur la réussite des élèves, sur base de leur travail régulier.

On s'y attendait, c'est confirmé: les examens dans l'enseignement francophone sont annulés. La ministre de l'Éducation Caroline Désir (PS) avait, en effet, fait savoir que les épreuves certificatives externes seraient annulées si la suspension des leçons était prolongée au-delà du 19 avril. Une décision qui s'expliquait notamment par la difficulté de modifier le contenu des examens pour en retirer les questions portant sur de la matière non vue durant le confinement.

Le temps normalement consacré à l'organisation de ces épreuves pourra être mis à profit pour récupérer du temps d'apprentissage perdu. Et il appartiendra donc aux conseils de classe de se prononcer sur la réussite des élèves et l’octroi des certificats sur la base de leur travail régulier.

"On pourrait faire revenir en premier lieu les rhétos qui sont dans une année diplômante et qui sont capables de respecter les mesures d'hygiène et de distanciation sociale."
Roland Lahaye
Secrétaire général de la CSC-Enseignement

Pour en savoir davantage concernant l'éventuelle réouverture des établissements scolaires à partir du 3 mai, il faudra patienter jusqu'au 24 avril, date du prochain Conseil national de sécurité. La Première ministre Sophie Wilmès (MR) a uniquement déclaré que cette question devrait être évaluée et discutée avec les communautés responsables qui prendront langue avec les acteurs de terrain.

Des acteurs de terrain qui n'ont d'ailleurs pas attendu la tenue du Conseil national de sécurité de mercredi pour faire savoir que la reprise des cours dans les écoles suscite de fortes inquiétudes. "Une reprise précipitée pour des motifs d’ordre économique est tout simplement inacceptable", ont déclaré mardi soir le front commun syndical de l’enseignement, les associations de parents ainsi que les représentants des élèves.

La communauté éducative se pose énormément de questions: le retour des enfants sera-t-il progressif ou simultané? Doit-on s'attendre à des variations par tranche d'âges? Va-t-on organiser des demi-classes pour permettre la distanciation sociale? De quel matériel de protection pourront bénéficier enseignants et élèves? Les parents qui le souhaitent pourront-ils garder leurs enfants à la maison?

Les rhétos en premier?

Tous nos interlocuteurs s'accordent sur l'impossibilité d'un retour simultané de l'ensemble des élèves. "Notre hypothèse de travail, c'est un retour progressif des élèves et des profs sur la base d'un testing généralisé. Mais cela veut dire qu'on se retrouverait à l'école avec seulement une partie des profs et une partie des élèves. Comment assurer la continuité des apprentissages dans un contexte aussi complexe?", se questionne Étienne Michel, directeur général du Segec (enseignement catholique).

Autre piste avancée par Roland Lahaye, secrétaire général de la CSC-Enseignement. "On pourrait faire revenir en premier lieu les rhétos qui sont dans une année diplômante et qui sont capables de respecter les mesures d'hygiène et de distanciation sociale."

Le scénario donnant la priorité aux classes diplômantes est aussi évoqué par Joseph Thonon. Mais le président de la CGSP-Enseignement veut que la problématique de la fracture sociale soit aussi prise en compte. "Tous les élèves n'ont pas le matériel et l'accompagnement parental nécessaires pour l'e-learning. On pourrait donc aussi imaginer que ce soit les élèves en difficulté qui rentrent en priorité. Ce qui compte c'est que la décision soit prise en considérant que l'école doit amener les élèves au meilleur de l'apprentissage et en toute sécurité. Il ne faut pas donner l'impression que l'école n'est qu'une garderie permettant au monde économique de redémarrer!"

Une réunion est prévue lundi prochain entre la ministre Désir et les différents acteurs de l'enseignement.

"Il va falloir se montrer créatif"

Une réunion entre les acteurs de l'enseignement et la ministre Caroline Désir (PS) aura lieu lundi prochain. Il sera notamment question de décider s'il est possible d'intégrer de nouveaux apprentissages pour les élèves du troisième cycle du secondaire et en particulier les rhétos.

"Mais ce sera aussi l'occasion de faire le point sur leurs inquiétudes. Et de gagner du temps en travaillant d'arrache-pied sur les différents scénarios de déconfinement. Bien entendu, il faudra encore avoir des consignes un peu plus claires sur les conditions de la reprise, mais on peut déjà faire remonter les idées du terrain", indique la ministre socialiste.

Selon Caroline Désir, il est clair que l'école ne reprendra pas comme elle s'est arrêtée. "On peut tout imaginer pour respecter les mesures de distanciation sociale. Utiliser les cours de recréation, les gymnases, les préaux. Peut-être qu'il faut faire des tournantes avec des demi-classes le matin et l'après-midi. Des horaires différenciés pour que les élèves n'arrivent pas tous en même temps à l'école. Tout est possible et il faudra être créatif. Des directeurs d'écoles me contactent parce qu'ils ont des idées à proposer."

Beaucoup de questions restent à trancher avant une hypothétique reprise dont on ignore la date. Cela vaut-il encore la peine de tout réorganiser pour un mois de cours tout au plus? "Ce sont d'abord la santé et la sécurité qui comptent. Mais je pense que même un seul mois, oui cela vaut la peine. Sinon cela fait un total de six mois sans contact avec l'école et pour certains élèves ce sera très difficile de reconnecter", déclare Caroline Désir.

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