Pas de compétition sportive avant le 31 juillet

Le championnat de football pourrait ne pas reprendre. La décision sera prise le 15 mai. ©Photo News

Le Conseil national de sécurité s’est exprimé sur la question des compétitions sportives. Aucune n’est autorisée avant le 31 juillet. De quoi laisser encore pas mal de questions sans réponses.

Les sportifs attendaient ce nouveau Conseil national de sécurité (CNS) avec impatience. Le secteur était un peu resté sur sa faim lors du dernier rendez-vous avec la Première ministre, Sophie Wilmès (MR). On en sait désormais un peu plus. Un peu seulement. La décision concernant le secteur tient en une petite phrase : "Toutes les compétitions sportives sont annulées jusqu’au 31 juillet."

"Toutes les compétitions sportives sont annulées jusqu’au 31 juillet."
Sophie Wilmès
Première ministre belge

L’annonce signe donc probablement la fin de la compétition de football 2019-2020. En l’attente d’un brouillard moins épais, l’Assemblée générale de la Pro League avait déjà postposé quatre fois sa prise de décision. Le message envoyé par le gouvernement est désormais plus clair. Sur base de cette position, les responsables de la compétition se réuniront le 15 mai pour enfin trancher. Dans la foulée de la conférence de presse, la Pro League a directement réagi via un communiqué de presse en précisant qu’elle comptait bien respecter les mesures gouvernementales.

Finir en vitesse le championnat au mois d’août semble peu probable, la nouvelle saison devant normalement débuter en septembre. Outre la question du timing très serré, la position de l'Union des associations européennes de football (UEFA) est l'autre argument en faveur de la fin de la compétition. Cette dernière a déjà précisé qu’elle souhaitait que tous les championnats européens soient terminés pour le 3 août, permettant ainsi de connaître les clubs qui participeront aux compétitions continentales (soit les Champions League et l'Europa League). Si le championnat pourrait donc en rester là, la finale de la Coupe de Belgique entre le Club de Bruges et l’Antwerp semble en revanche plus envisageable. Elle pourrait se jouer durant le week-end du 1er août.

La Pro League tranchera le 15 mai

Mais l’arrêt de la saison serait un atout pour les responsables de la Pro League. En effet, l’obligation gouvernementale pourrait être un solide argument face à de possibles actions des opérateurs pour récupérer une partie des droits télévisés. Ces derniers disposent des droits pour retransmettre toute la saison et se verraient bien bénéficier d’un allègement de la facture. Avec un quart de la compétition manquante, ils pourraient demander un rabais de 20 millions d’euros. La décision de Sophie Wilmès et son équipe met également le championnat belge dans une situation plus confortable face à l’UEFA. L’organisation européenne n’était initialement pas vraiment enthousiaste à l’idée de voir les championnats ne pas aller à leur terme.

La décision finale tombera donc le 15 mai prochain. "Le management de la Pro League et le groupe de travail mis en place en son sein afin d'examiner les conséquences sportives et financières liées à la crise du Coronavirus tiendront compte de la décision du Conseil national de sécurité dans leurs travaux", précise la Pro League.

La Formule 1 et le cyclisme sans réponse

Et pour ce qui est de la situation après le 31 juillet ? Malgré la relance d’un journaliste sur le sujet, la Première ministre n’a pas dit un mot de plus sur la question sportive. Le Grand Prix de Formule 1 de Spa, prévu le 30 août prochain reste donc dans le flou le plus total. Depuis le début de la saison, déjà neuf épreuves ont été annulées ou reportées. L’option d’un report de la course semble donc compliqué. La possibilité d’un Grand Prix sans public est en revanche une option qui se fait doucement entendre.

"Une étude réalisée par Deloitte démontre que les retombées de l’édition 2017 étaient de 30 millions d’euros et de 17 pour la Région wallonne."
Nathalie Maillet
La directrice du circuit de Spa

Une telle hypothèse aurait toutefois d’importantes conséquences financières pour le circuit et la ville de Spa. L’été dernier, Nathalie Maillet, la directrice du circuit, rappelait l’importance de l’événement pour la petite ville. "Une étude réalisée par Deloitte démontre que les retombées de l’édition 2017 étaient de 30 millions d’euros et de 17 pour la Région wallonne, expliquait-elle alors à L'Echo. Même si l’investissement nécessaire de la Région se chiffre entre 5 et 7 millions, le bilan est positif. Il faut également souligner l’importance de la visibilité d’un tel événement. De plus, on ne sait pas ce qu’on pourrait perdre si on ne l’avait pas." Un accord sur qui paiera la note finale serait donc encore à trouver.

Le monde du cyclisme espérait aussi y voir un peu plus clair. Il devra visiblement attendre. Mardi, l’Union cycliste internationale (UCI)présentait son nouveau calendrier en replaçant notamment les mythiques Tour de Flandres et Liège-Bastogne-Liège en octobre. Les compétitions moins cotées comme le Tour de Wallonie (prévu du 18 au 22 juillet) ne dispose pas encore de solution.

Lire également

Publicité
Publicité