Pas de grands festivals cet été, le monde de la musique sous le choc

Le coronavirus aura eu raison des grands festivals estivaux comme Tomorrowland et ses 400.000 fans. ©Photo News

Le Conseil de sécurité a décidé d’interdire tous les grands événements de masse jusqu’au 31 août. Une catastrophe pour le secteur.

Le Conseil national de sécurité a eu la main plus lourde que les autorités françaises. Alors que le président Macron a interdit tout événement de masse jusqu’à la mi-juillet, la Belgique les a supprimés jusqu’au 31 août. En clair, il n’y aura pas de grands festivals d’été. Trop risqué sur le plan sanitaire. Exit donc, Rock Werchter, Tomorrowland, le Dour Festival, les Francofolies de Spa, le Pukkelpop, etc. pour ne citer que les plus importants. Sont aussi dans le collimateur des manifestations culturelles comme le Festival de Théâtre de Spa, le Festival Musiq3, le Festival de l'été mosan, le Festival des arts de la rue de Chassepierre, etc.  

"Je suis triste pour tout ce monde du spectacle, les artistes, les techniciens, tous les gens qui font des petit boulots et qui sont privés de tout revenu."
Charles Gardier
Organisateur des Francofolies de Spa

Pour le secteur, c’est évidemment une catastrophe, même s’il peut invoquer le cas de force majeure (une décision des autorités) pour justifier l’annulation vis-à-vis de ses "stakeholders" (artistes, fournisseurs, public…). Raison pour laquelle, les organisateurs n’ont pas annulé de leur propre chef. "C’est un énorme coup dur, réagit Charles Gardier, organisateur des Francofolies de Spa (150.000 spectateurs); la prévente marchait du tonnerre avec 30% de hausse, mais je suis surtout triste pour tout ce monde du spectacle, les artistes, les techniciens, tous les gens qui font des petit boulots et qui sont privés de tout revenus. Les Francofolies c’est aussi 15 à 20 millions de retombées économiques pour la Région qui s’envolent. La décision du gouvernement est-elle trop radicale? "Je ne dispose pas des informations suffisantes pour émettre un jugement sur cette décision difficile à prendre mais la santé passe avant tout", poursuit-il excluant un report plus tard dans l’année.

Un report qu’envisagent les organisateurs des Ardentes de Liège (100.000 festivaliers) pour la première quinzaine de septembre au lieu de début juillet, alors que les festivals de Dour, La Semo (Enghien), Ronquières, Esperanzah et des Solidarités ont donné rendez-vous aux spectateurs en 2021. "La menace planait depuis quelque temps, mais il s’agit là de la seule décision raisonnable à prendre", indiquent ceux du Dour Festival, dédié en majorité à la musique alternative et prévu mi-juillet. Différentes pistes sont actuellement explorées avec les partenaires de billetterie pour les détenteurs de tickets. Quant au Brussels Summer Festival, prévu mi-août, son organisateur, encore sous le choc préférait ne pas réagir à chaud.

Manque à gagner énorme

Côté flamand, les organisateurs du festival techno Tomorrowland (deux week-ends en juillet) ont également envisagé de le reporter à l’automne avant d’y renoncer suite à l’avis négatif des virologues. Les 400.000 tickets vendus vaudront pour 2021. Quand à Rock Werchter (350.000 fans début juillet), son organisateur indique que des discussions sont en cours pour trouver une solution pour les détenteurs de tickets.

1 milliard d'euros
de manque à gagner
C'est la facture estimée par le secteur musical belge suite à la crise du Covid-19.

Ces annulations sont un nouveau coup dur pour le secteur musical privé de tout concert depuis plus d’un mois. Dans une lettre ouverte vendredi dernier il s’était déjà inquiété de l'impact économique de la crise "tout en comprenant parfaitement les mesures sanitaires nécessaires". Ils estiment à plusieurs centaines de millions d'euros la perte en termes de ticketing et à plus d’un milliard pour l’ensemble de la chaîne (artistes, organisateurs techniciens, roadies, constructeurs de scènes, sociétés de son et lumière, catering etc.)

Se disant ouvert au dialogue pour trouver des solutions, le secteur demande l’allongement jusqu’à la fin de l’année des mesures d’aides déjà octroyées comme le chômage temporaire pour les employés et les droits de crédits transitoires pour les travailleurs indépendants.

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