Pas de primes pour les véhicules électriques en Belgique

L'Audi e-tron et sa version Sportback (photo) sont produites à Forest. Volvo produit des XC 40 électriques à Gand. ©Photo News

La Belgique ne va pas suivre l'Allemagne, la France ou encore le Luxembourg. Les régions ne sont pas favorables à des primes pour les véhicules électriques et parient sur un transfert modal.

Les États européens sortent les milliards pour la relance. Le secteur automobile ne veut pas être en reste.

En Allemagne, dans la batterie de mesures décidées pour soutenir l'économie, on retrouve la prime à l'achat d'un véhicule électrique qui sera doublée, passant de 3.000 à 6.000 euros. Ce n'est qu'une petite victoire pour le secteur qui y espérait surtout une prime à l'achat de voitures à essence ou diesel à faibles émissions comme en 2009, ce qui a été rejeté par le gouvernement jeudi. Signe que le dieselgate a laissé des traces. La décision fait grincer des dents au sein de ce secteur dont dépendent 800.000 emplois outre-Rhin.

"Le gouvernement français cherche avant tout à sauver un de ses fleurons économiques qu’est le secteur automobile."
Philippe Henry
Ministre wallon de la Mobilité

En France, la stratégie a été de soutenir son industrie tout en soutenant une transition vers les véhicules électriques. Le président Emmanuel Macron a donc annoncé fin mai une hausse du bonus écologique de 6.000 à 7.000 euros pour l'achat de véhicules électriques par les particuliers. Ces derniers peuvent aussi bénéficier d'une prime à la conversion allant jusqu'à 5.000 euros pour les plus bas revenus. Il s'agit d'un renforcement du dispositif qui bénéficie aux ménages modestes pour l'achat d'un véhicule neuf contre la mise à la casse d'un vieux véhicule. L'aide peut donc aller jusqu'à 12.000 euros pour les particuliers. Qui plus est, une aide de 5.000 euros pour les entreprises a aussi été prévue ainsi que la création d'un bonus de 2.000 euros pour les hybrides rechargeables.

Même le Grand-Duché de Luxembourg, que l'on ne peut soupçonner de défendre son assemblage automobile, a décidé d'accentuer ses primes pour voitures électriques en les faisant passer de 5.000 à 8.000 euros. 

Mais en Belgique, il ne semble pas du tout que l'on se dirige vers ce type de politique, au grand dam de ce que les associations sectorielles réclament. 

Shift modal

Le ministre wallon de la Mobilité, Philippe Henry (Ecolo), a ainsi été interpellé sur la question au parlement ce mercredi par André Antoine (cdH). Il a répondu que "le gouvernement français cherche avant tout à sauver un de ses fleurons économiques qu’est le secteur automobile".

En Wallonie on veut certes verdir le parc roulant, mais aussi rationaliser le transport routier. Philippe Henry a donc rappelé qu'un "axe important porte sur le report vers les modes doux".

12.000
euros
En France, l'aide à l'achat d'un véhicule électrique peut aller jusqu'à 12.000 euros, mais il s'agit aussi de soutenir le secteur.

Pas question de primes pour le moment. Le ministre a d'ailleurs estimé "que l’expérience flamande a montré les limites d’une approche par prime, surtout avec des véhicules aussi onéreux que les véhicules électriques".

A Bruxelles, on est également à mille lieues d'imaginer des primes pour des voitures électriques. "Donner des primes à l’achat de voitures personnelles ce serait totalement contraire à l’esprit de notre plan Good Move", insiste Marie Thibaut de Maisières, porte-parole de la ministre de la mobilité bruxelloise Elke Van den Brandt (Groen). "En mobilité, une voiture, c’est une voiture", insiste-t-elle. La voiture électrique prend en effet la même place qu'une autre.  

La politique bruxelloise vise d'abord à promouvoir la marche, le vélo et les transports publics. Il s'agit aussi de rendre plus accessible la micromobilité. "150.000 euros ont été débloqués pour promouvoir la mobilité partagée", insiste la porte-parole.

La Flandre ne fait pas exception. L'heure n'y est plus aux primes pour les voitures électriques, mais au "shift modal", comme l'a confirmé le cabinet de la ministre flamande de la Mobilité, Lydia Peeters (Open Vld), à nos confrères du Tijd. L'idée est que les trajets à pied, à vélo et en transports en commun y progressent d'au moins 49%.

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