Rédacteur en chef

La Belgique est placée en confinement.

Et nous voilà donc confinés chez nous, retranchés dans nos salons et nos bureaux de fortune pour mener la riposte au Covid-19. On ne discutera ici ni du timing ni de la force de ce confinement. Si la Belgique a choisi la voie graduelle, c’est en concertation avec son corps scientifique. Les nouvelles mesures annoncées ce mardi soir sont d’une fermeté inédite. Elles ont été prises pour faire face à une situation tout aussi inédite, avec pour premier objectif de sauver des vies.

Les Belges, aujourd’hui, doivent faire confiance. Ils vont apprendre à télétravailler, pour ceux qui peuvent le faire. Ils vont apprendre à vivre sans embouteillages et sans réunions inutiles.

Combien de temps devrons-nous rester calfeutrés? Impossible à dire. Combien d’entreprises et d’emplois vont mourir? Beaucoup. Les dommages collatéraux de cette mise sous cloche vont être gigantesques. Mais gardons dans un coin de la tête l’objectif premier: sauver des vies.

Le Covid-19 nous laissera, espérons-le, un seul héritage: cette prise de conscience que ce court-termisme – dans lequel il nous aura enfermés un temps - nous tue.

Ce coronarivus, c’est un reset. Il replace les priorités au centre de l’échiquier: l’humain, la nécessité de disposer d’un service de soins de santé de qualité et l’obligation d’être solidaires. Sur le plan économique, ce sera un défi pour l’Europe au vu des plans de relance qui seront nécessaires, des montants colossaux qu’ils vont coûter. Avec en toile de fond, sans solidarité, le spectre réel d’une fragmentation de la zone euro, au vu de la manière dont les taux d’emprunt des États repartent à la hausse, particulièrement dans l’Europe du Sud.  

Ce coronavirus, il a ce côté d’autant plus paniquant qu’avant ce grand reset il nous oblige à nous mettre en mode "pause". À vivre, heure par heure, jour après jour, sans aucune emprise sur la suite et sans que nous puissions savoir comment nous retrouverons le monde, dehors, quand il sera passé.

Il nous laissera, espérons-le, un héritage: cette prise de conscience que ce court-termisme – dans lequel il nous aura enfermés un temps - nous tue. Que nous ferions bien, à l’avenir, de penser plus loin qu’au lendemain quand nous construisons un monde global.

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