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Pékin aurait tenté de bloquer un rapport européen sur la désinformation sur le virus

L'Europe dénonce les campagnes de désinformation menées par plusieurs gouvernements sur la pandémie de coronavirus. Pékin aurait tenté de faire barrage à un rapport. ©EPA

Pékin aurait fait pression sur l'Union européenne pour édulcorer un rapport sur les campagnes de désinformation menées par la Russie, la Chine et d'autres pays sur la pandémie de coronavirus, visant à affaiblir l'Europe.

Une chaîne Youtube de langue allemande financée par le Kremlin suggère que "la pandémie de coronavirus ne s'est jamais produite". Sur le site pro-Kremlin oneworld.press, il est dit que "seuls la Russie, Cuba et la Chine ont aidé l'Italie contre le Covid-19, par l'Europe". Plusieurs sites arabophones affirment que "Bill Gates a contribué à la création du coronavirus et veut implanter une puce via un vaccin"...

Depuis le début de la pandémie de coronavirus, le nombre de fausses nouvelles, rumeurs et théories du complot a explosé sur le web. C'est ce qui ressort des rapports d'une unité spéciale du Service européen pour l'action extérieure (SEAE), l'organe chargé de mettre en œuvre la politique étrangère de l'Union. Ces données sont analysées, répertoriées et publiées avec une déconstruction méthodique sur le portail euvsdisinfo.eu.

L'origine de ces campagnes de désinformation? Plusieurs gouvernements, Moscou et, dans une "moindre mesure" Pékin, affirme le SEAE. La pratique est devenue une arme d'influence massive.

Pékin aurait fait barrage

Ces analyses dérangent, à tel point que la Chine aurait tenté de bloquer la publication du dernier rapport du SEAE, prévu le 21 avril. Selon plusieurs sources diplomatiques, rapportées entre autres par l'agence Reuters, Pékin serait intervenu auprès de l'UE pour empêcher la publication du rapport. Celui-ci a finalement été publié le 24 avril.

"Je réfute toute pression extérieure."
Peter Stano
Porte-parole de la Commission européenne

Le problème, c'est qu'une copie de la première version avait fuité au sein de plusieurs rédactions avant le 21 avril, et que le dernier texte adoucit le rôle de la Chine dans ces campagnes. Le volume important d'échanges commerciaux entre les deux blocs, de plus d'un milliard d'euros par jour, a-t-il pesé?

Ces pressions font grand bruit. La Commission européenne, interrogée sur le sujet lundi, nie leur existence. "Je réfute toute pression extérieure, nous n'allons pas nous soumettre à quelque pression que ce soit", a martelé Peter Stano, un porte-parole de la Commission.

"La désinformation est quelque chose de très dangereux, surtout dans le contexte du coronavirus, car c'est la santé des gens qui est en cause."
Peter Stano

Toutefois, "la désinformation est quelque chose de très dangereux, surtout dans le contexte du coronavirus, car c'est la santé des gens qui est en cause", a-t-il ajouté, validant les conclusions du rapport du SEAE. La Commission n'ira pas plus loin sur les modifications subies par le rapport. "Nous ne commentons jamais les faits de communication interne", a tranché Eric Mamer, le porte-parole en chef de l'exécutif européen. D'autres sources font état de "la colère" de Pékin, qui estime que l'Europe entre dans le jeu des États-Unis, en guerre diplomatique contre la Chine. 

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