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interview

Philippe Verdonck: "Ne pas avoir d'été serait le plus dur pour l'aéroport de Charleroi"

"Même si Ryanair ouvre, mais que ses vols ne sont pas pleins, ce ne sera pas intéressant financièrement" pour l'aéroport de Charleroi, explique son CEO, Philippe Verdonck. ©Photo News

Philippe Verdonck, le CEO de l'aéroport carolo, anticipe une perte de 35 millions d'euros pour Charleroi Airport cette année, si celui-ci redémarre pour la saison d'été, sinon ce sera pire.

L'aéroport de Charleroi panse ses plaies alors qu'il est fermé depuis le 24 mars. Il perd actuellement entre 8 et 9 millions d'euros par mois et ne devrait rouvrir que le 8 juin dans le meilleur des scénarios. "Si on arrive à terminer l’année 2020 avec 60% de nos chiffres passagers, ce serait pas mal", analyse le CEO de Brussels South Charleroi Airport (BSCA), Philippe Verdonck. 

Pour arriver à de tels chiffres en fin d'année, l'aéroport de Charleroi espère encore pouvoir compter sur une certaine activité pendant l'été. Parce que, même avec une activité à 60% de la normale, l'aéroport carolo va perdre 35 millions d'euros sur l'année. "Nous tenons le coup en liquidités et pourrons terminer l’année sans problèmes, mais évidemment tout dépend comment va se passer la reprise", dit Verdonck. Il n'exclut néanmoins pas que l'aéroport demande une aide dans le futur si les choses se compliquent. Ce qui est déjà acquis, c'est que l'aéroport pourra déjà payer son loyer à la région (Sowaer) plus tard, mais avec intérêts.

"Même si Ryanair ouvre, mais que ses vols ne sont pas pleins, ce ne sera pas intéressant financièrement pour l'aéroport."
Philippe Verdonck
CEO de l'aéroport de Charleroi

Que fera Ryanair?

La crise fait aussi que les projets d'arrivée de nouveaux partenaires sur l'aéroport sont mis au frigo, voire compromis. Les discussions étaient bien avancées avec des groupes européens et internationaux, nous confie le CEO.

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À Charleroi, la reprise dépendra donc beaucoup de Ryanair qui y représente 77% de l'activité. La société irlandaise a indiqué qu'elle ne voudrait pas reprendre les vols si on lui demandait une distanciation sociale avec des sièges vides dans l'avion, une sorte de négociation avant le redémarrage. Philippe Verdonck est lui confiant que Ryanair, vu son importance, reprendra son activité en même temps que les autres

Mais même si Ryanair décidait de recommencer plus tard, l'aéroport de Charleroi rouvrira tout de même pour les autres compagnies dès que ce sera possible. "Ce serait très méprisant vis-à-vis des autres de dire que l'on ne va pas rouvrir votre service à cause d’une autre compagnie", explique Verdonck. Wizz Air, Tui Fly, Belavia et consorts sont dans les starting-blocks pour reprendre début juin. Wizz Air aurait même repris plus tôt si cela avait été possible.

Mais cela serait-il financièrement intéressant de redémarrer pour l'aéroport sans Ryanair? La réponse du CEO est clairement non. "Même si Ryanair ouvre, mais que ses vols ne sont pas pleins, ce ne sera pas intéressant financièrement. Aucun aéroport qui va rouvrir ne sera bénéficiaire d'emblée. Il y aura des pertes calculées, souligne Philippe Verdonck.

"50 à 53% des gens seraient potentiellement disposés à reprendre l’avion un ou deux mois après la réouverture."
Philippe Verdonck

Quid des pays de destination?

Rappelons que le volume de passagers amène une grosse partie des revenus à l'aéroport, notamment avec les parkings et autres services. "50 à 53% des gens seraient potentiellement disposés à reprendre l’avion un ou deux mois après la réouverture" explique le CEO. La Grèce, par exemple, considérée comme sûre par rapport à la pandémie, aurait déjà la cote. 

La réouverture en juin, que ce soit au début ou à la fin du mois, dépendra aussi de l'ouverture des pays de destination. Ici on suit ça avec attention et avec un certain agacement, car la situation change constamment. Certains pays, comme l'Espagne (top 3 des destinations), parlent de fermeture de frontières pour plusieurs mois. En attendant, à part une trentaine de personnes, tout le monde est au "chômage covid" pour le moment à BSCA. Une mesure dont le CEO espère la prolongation pour ne pas tomber dans un chômage classique, plus compliqué. 

L'aéroport de Charleroi ne pense pas pouvoir revenir à ses 8,2 millions de passagers, le niveau de 2019, avant 2022. La croissance, on l'espère donc ici pour 2023 pour laisser "la pire crise de l'aviation" derrière soi. Et n'évoquez pas de deuxième vague de contamination, la crainte ultime de tout un secteur en turbulences.

 

 

 

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