Pourquoi certains variants du virus sont-ils inquiétants?

Les vaccins pourraient bien se montrer moins efficaces face aux souches mutantes brésilienne et sud-africaine. ©Photo News

Depuis quelques semaines, l'apparition de plusieurs variants du SARS-CoV-2 interpelle. Ceux-ci se répandent plus rapidement que la souche déjà connue et pourraient compliquer la vaccination.

Qu’un virus mute, rien de plus normal. Mais cela devient inquiétant quand ce processus engendre des souches dont les caractères modifient des paramètres importants de l’épidémie. Actuellement, plusieurs variants du SARS-CoV-2 se répandent et inquiètent effectivement. Ils ont en commun de connaître une mutation au niveau de la protéine Spike, sorte de pointe qui permet au virus de s'attacher aux cellules humaines pour les pénétrer.

Le Britannique, plus contagieux

Le variant britannique est actuellement identifié dans 60 pays. Il fait des ravages en Angleterre, mais les contaminations clairement attribuées à ce variant sont encore peu nombreuses en Belgique. On parle notamment de 44 cas dans une maison de repos à Vedrin, en province de Namur et de 98 personnes dans une maison de repos de Houthulst en Flandre, avec déjà neuf décès.

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Le variant britannique serait 30% plus contagieux que la souche du SARS-CoV-2 actuellement dominante en Belgique.

À quel point ce variant est-il plus contagieux que la souche du SARS-CoV-2, bien implantée chez nous? Depuis plusieurs semaines, la fourchette de "50 à 70 %" circulait. Mais un épidémiologiste de l’université d’Oxford a expliqué cette semaine qu’il était 30 % plus contagieux que les autres souches. Il ne semble pas à l’origine de formes plus graves de la maladie mais sa plus grande transmissibilité pourrait exiger une vaccination plus importante de la population que les 70% envisagés actuellement pour atteindre l'immunité de groupe désirée.

Pourquoi est-il plus contagieux? L’une de ses mutations, appelée N501Y, permettrait au virus de mieux s’accrocher aux récepteurs des cellules: une quantité moindre de virus suffirait pour contaminer un individu.

Deux nouveaux variants, plus inquiétants

Les anticorps provenant d’une infection précédente, ou ceux induits par la vaccination, ne pourraient pas jouer pleinement leur rôle face au nouveau variant sud-africain.

Le variant sud-africain est présent dans 23 pays et il a déjà été identifié en Belgique. En Afrique du Sud, c’est désormais la souche dominante, considérée comme deux fois plus contagieuse mais pas plus mortelle. Elle partage avec le variant britannique cette mutation N501Y sur la protéine Spike. Mais elle en comporte une autre, la E484K, qui diminuerait la reconnaissance du virus par les anticorps. Les anticorps provenant d’une infection précédente ou ceux induits par la vaccination ne pourraient donc pas jouer pleinement leur rôle, ce qui inquiète dans le cadre de la campagne de vaccination. En outre, le risque de réinfection par ce variant serait plus "important".

Le variant brésilien a d'abord été détecté au Japon sur des voyageurs arrivant d’Amazonie. Il inquiète à cause de l’explosion de cas dans cette région du nord-ouest brésilien: l’état des patients se dégrade rapidement, les cas graves se multiplient, dans toutes les tranches d'âge. Il comporte notamment les mutations N501Y et E484K.

Comment les combattre?

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En Belgique, quatre laboratoires ont été désignés pour séquencer le génome du virus dans les échantillons de tests.

Il faut d'abord détecter ces souches, via un séquençage du génome en laboratoire, afin d'isoler les individus et lancer tracing et testing. Cela prend plusieurs jours. Quatre laboratoires universitaires effectuent ce travail chez nous: à Liège, Louvain, Gand et Anvers. Néanmoins, certains tests PCR donnent déjà une indication de l'importance de la charge virale.

Les mesures habituelles sont de mises (distanciation, hygiène des mains...) mais le débat autour des masques est rouvert: ne faudrait-il pas imposer le FFP2, plus protecteur, dans les transports en commun et commerce, comme le fait l'Allemagne?

Les vaccins sont-ils efficaces contre ces variants? On ne dispose encore que de quelques éléments de réponse.

Les vaccins sont-ils efficaces contre ces variants? On ne dispose encore que de quelques éléments de réponse. Le vaccin de BioNTech/Pfizer semble efficace contre le variant britannique, selon deux études réalisées sur un faible nombre d'échantillons. La mutation E484K inquiète davantage. Les firmes pharmaceutiques risquent de devoir adapter leurs produits pour lutter contre les souches sud-africaine et brésilienne.

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