Publicité

Premières mesures de déconfinement sous tension en Allemagne

Angela Merkel privilégie une politique de petits pas, voulant à tout prix éviter la saturation du système de santé. ©EPA

Un mois après l’adoption de mesures de confinement plus souples que chez la plupart de ses voisins, l’Allemagne a entamé un timide retour à la normale, lundi, en rouvrant les commerces de plus de 800 mètres carrés. Angela Merkel a fait part de ses inquiétudes, alors qu’une partie de son camp réclame la remise en route de l’économie.

Les magasins de plus de 800 mètres carrés ainsi que les concessionnaires automobiles, les grandes surfaces de bricolage, les jardineries ou les librairies ont rouvert lundi, en Allemagne, un mois après l’adoption de mesures de confinement plus souples que dans la plupart des pays voisins. Cette première étape vers la fin du lockdown sera suivie, le 4 mai, de la réouverture de la totalité des commerces, des salons de coiffure, ainsi que de la tentative de remettre peu à peu les élèves au travail. Les écoles, qui relèvent de la compétence des Länder, rouvriront en ordre dispersé, pour la plupart à compter du 4 mai et une semaine plus tard en Bavière, la région la plus touchée par la pandémie, tandis que lundi, déjà, les lycées de la capitale ont accueilli les élèves pour les premières épreuves du bac.

4.404
décès
L'Allemagne a recensé jusqu'ici 4.404 décès dûs au coronavirus.

Restaurants et cafés resteront par contre fermés pour une durée indéterminée, tandis que grands évènements et manifestations sportives seront interdits au moins jusqu’au 31 août. Car si les autorités estiment que la pandémie est "sous contrôle et gérable", selon les mots du ministre de la Santé Jens Spahn, la situation reste fragile.

Dimanche, une cinquantaine de manifestants d’extrême droite et d’extrême gauche ont protesté à Berlin contre les restrictions aux libertés individuelles et lundi, lors d’une réunion de la direction de son parti, Angela Merkel, "préoccupée" par un relâchement des consignes de distanciation, a rappelé son propre camp à l’ordre, appelant à "mettre fin aux orgies de discussion" au sujet d’un déconfinement total.

Politique de petits pas

Le ministre-président de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Armin Laschet, est notamment visé. Ce candidat déclaré à la succession de la chancelière réclame la remise en route rapide de l’économie, alors qu’Angela Merkel veut s’en tenir à une stricte politique des petits pas, avec un bilan des premières mesures d’assouplissement le 30 avril, puis un nouveau bilan le 7 ou le 8 mai.

À chacune de ces étapes, les yeux seront rivés sur le taux de "reproduction" du virus, qui mesure le nombre de personnes contaminées par un malade. Vendredi, l’indice était pour la première fois passé sous la barre de 1, à 0,7. Mais le moindre relâchement des mesures de distanciation sociale pourrait avoir de graves conséquences. "Si le taux passe à 1,1, cela veut dire que notre système de santé sera saturé en octobre, avait averti Angela Merkel la semaine dernière. Avec un taux de 1,2, ce serait le cas en juillet et en juin déjà si on passe à 1,3." 

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité