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Premiers espoirs d'un traitement efficace contre le Covid-19

Le remdésivir avait déjà montré des résultats satisfaisants in vitro et sur des modèles animaux pour d’autres virus tels qu’Ebola, le Sars et le Mers. ©via REUTERS

Des résultats cliniques significatifs ont été enregistrés avec l'antiviral remdésivir de l'américain Gilead dans le traitement des formes sévères du Covid-19.

C'est à ce jour la percée thérapeutique la plus notable contre le coronavirus, même si des zones d'ombre subsistent: quatre mois après le début de l'épidémie, un médicament expérimental, le remdésivir, fabriqué par le laboratoire américain Gilead, apparait désormais comme le premier traitement donnant des résultats positifs sérieux contre le Covid-19. 

Ce médicament développé contre le virus Ebola (mais non approuvé) fait l’objet de plusieurs études cliniques contre le nouveau coronavirus. Les résultats préliminaires d’un de ces essais, démarré fin février et incluant un millier de patients, aux États-Unis et ailleurs, ont été dévoilés mercredi à Washington.

Les Instituts de santé américains (NIH) ont annoncé que cette molécule avait aidé des malades hospitalisés avec une forme avancée du Covid et des problèmes pulmonaires à se rétablir 31% plus vite. "Les données montrent que le remdésivir a un effet clair, significatif et positif pour réduire le temps de rétablissement" des malades, a commenté depuis le Bureau ovale de la Maison-Blanche, Anthony Fauci, directeur de l'Institut des maladies infectieuses qui a dirigé l'essai. 

"Les données montrent que le remdésivir a un effet clair, significatif et positif pour réduire le temps de rétablissement."
Anthony Fauci
Directeur de l'Institut des maladies infectieuses qui a dirigé l'essai

Comparés aux malades ayant reçu un placebo, les patients traités avec le remdésivir, se sont rétablis en 11 jours en moyenne au lieu de 15 jours. Par contre, ces résultats préliminaires ne montrent pas si le médicament permet de sauver des vies. La mortalité du groupe de patients traités par remdésivir était de 8%, contre 11,6% dans le groupe témoin. Un écart trop faible qui pourrait encore être le fruit du hasard.

Des résultats prometteurs in vitro

Le remdésivir, qui avait montré des résultats prometteurs in vitro et sur des modèles animaux pour d’autres virus tels qu’Ebola, le Sars et le Mers, était cité comme le traitement le plus prometteur, suite à son utilisation par certains centres hospitaliers que Gilead avait fourni à titre compassionnel. Mais il n'existait pas jusqu'ici de données cliniques pertinentes validées.

Qui plus est, une étude chinoise publiée la semaine dernière avait conclu à une bien moindre efficacité de ce médicament. Ces résultats, dévoilés trop tôt par erreur via le site de l’OMS et finalement publiés mercredi par la revue médicale The Lancet, indiquaient que les malades traités avec le remdésivir n'ont pas fait mieux que ceux traités par placebo. Mais la taille de l'essai, interrompu faute de malades, a limité l'interprétation des résultats.

Même si les résultats complets de l'étude dévoilés mercredi n'ont pas encore été évalués ni publiés par une revue scientifique, le Président américain Donald Trump a déjà demandé à l'Agence américaine du médicament (FDA) d'accorder "rapidement" une autorisation d'utilisation en urgence pour les hôpitaux, hors d'essais cliniques.

Deux essais cliniques

Le remdésivir, administré par injection intraveineuse, s'insère dans le matériel génétique du coronavirus et le court-circuite pour l'empêcher de se répliquer. Le patron de Gilead Sciences, Daniel O'Day, a annoncé que le laboratoire disposait actuellement de 1,5 million de doses qui seraient données, pour traiter au moins 140.000 patients. Gilead vendra ensuite le remdésivir à un prix "abordable", selon lui. 

1,5
million
Gilead dispose actuellement de 1,5 million de doses qui seraient données, pour traiter au moins 140.000 patients.

Le remdésivir fait partie de l’essai européen Discovery et de l’étude Solidarity menée par l’OMS, deux études qui doivent évaluer l’efficacité de différents protocoles de traitements, dont la très controversée hydroxychloroquine, un médicament contre le paludisme que beaucoup d'hôpitaux expérimentent sans attendre, mais qui s'avère toxique à fortes doses. Après avoir envisagé de participer à l'étude européenne Discovery, la Belgique a quant à elle rallié l'essai Solidarity de l'OMS. 

Une deuxième bonne nouvelle a été enregistrée cette semaine, avec l'annonce de résultats, également incomplets, concernant une étude française évaluant le médicament immuno-modulateur tocilizumab. Celui-ci a montré son efficacité pour prévenir "l'orage inflammatoire" chez les patients du Covid-19 dans un état grave. 

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