Près de deux Belges sur trois veulent télétravailler au moins deux jours semaine

Malgré cinq semaines de confinement ayant forcé les Belges à télétravailler dans bien des cas, de nombreuses entreprises n'ont toujours pas de politique claire en la matière. ©Photo News

Employés et cadres estiment dans leur majorité que le travail à domicile débouche sur un gain de productivité. Pour autant, de nombreuses entreprises n'ont pas encore de politique claire sur le sujet.

Le télétravail nous fera-t-il regretter le travail, interrogeait récemment le centre Émile Bernheim (ULB). Si la réponse a de quoi occuper les chercheurs, à ce stade, une première conclusion s'impose. Neuf employés et cadres belges sur dix veulent pouvoir travailler de chez eux un à trois jours par semaine après l'assouplissement des mesures de lutte contre le coronavirus. Quand 6 sur 10 veulent pouvoir télétravailler deux jours ou plus.

Ce qui explique cet engouement? Un gain en productivité constaté, à en croire la majorité des 1.000 Belges interrogés par le cabinet de conseil BDO, en collaboration avec le réseau HR Square.

Mais vouloir n'est pas toujours pouvoir. Et en ce sens, la moitié des sondés relèvent que leur boîte ne dispose pas toujours de politique en matière de télétravail, y compris en ce qui concerne les aspects fiscaux et de sécurité sociale, de même que les outils à utiliser. Et ce malgré cinq semaines de confinement déjà, ayant amené des centaines de milliers de travailleurs à exercer depuis chez eux.

"Il est urgent que nos entreprises élaborent une culture et une politique en matière de télétravail."
Geert Volders
Associé chez BDO

C'est pourquoi, "si nous voulons vraiment faire du travail à domicile un élément permanent du marché du travail belge, il est urgent que nos entreprises élaborent une culture et une politique", martèle Geert Volders, associé chez BDO Strategy & Transformation. D'autant qu'avant le confinement, "près de 6 Belges sur 10 ne travaillaient pratiquement jamais de chez eux".

Réaction à la crise

En clair, tout est à faire, ou presque, dans de nombreux cas. Mais pas pour toutes les entreprises. Car certaines ont pris le taureau par les cornes en pleine crise, conscientes de la situation et de l'avenir – du moins à court terme – du monde du travail.

C'est le cas par exemple du côté de la société de leasing de voiture Arval, filiale de BNP Paribas, où, mis devant le fait accompli, il a fallu inclure dans la pratique et les intérimaires et le personnel avec moins de six mois d'ancienneté. Ce qui n'était pas possible auparavant. Résultat, "de par une expérience positive, les syndicats ont déjà posé la question de savoir si on était prêt à revoir les règles de télétravail lors de la sortie de crise", évoque Natacha Delcourt, directrice des ressources humaines. "C'est sûrement quelque chose qu'on va faire, mais qui devra encore être avalisé en conseil d'entreprise." De même que de monter peut-être à deux jours de télétravail semaine, contre un depuis l'introduction structurelle du travail à domicile il y a quatre ans.

Chez Telenet, même son de cloche. Les RH sont en train de revoir les règles, afin de passer de cinq jours par mois autorisés à... un chiffre laissé à l'appréciation du travailleur. "Qu'il travaille où il est le plus productif", lançait la semaine dernière le patron de l'opérateur, John Porter, dans les pages du Morgen. De quoi laisser sous-entendre que tous les employés travailleront demain à la maison, comme c'est le cas actuellement pour 3.000 employés chez Telenet et Base - à l'exception des équipes chargées du monitoring réseau et de certaines demandes clients? "Non, il y aura toujours des activités pour lesquelles il est bon de travailler ensemble au même endroit", nuance l'entreprise.

Pour le reste, d'autres grandes entreprises ont eu moins de difficulté à faire face à la crise. En effet, pour Belfius par exemple, la convention collective de travail signée par les syndicats fin 2017 était déjà une base à ce point suffisante qu'il ne faudra pas l'adapter, entendait-on mardi, ayant permis l’extension du travail à domicile à des situations exceptionnelles de type Covid-19.

Quand chez certains, on se tâte encore. "Il est trop tôt à ce stade pour dire si des changements seront apportés au système après cette période de confinement", nous renseigne-t-on chez Ores.

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