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Quand l'incendie guette nos fleurons économiques

Rédacteur en chef adjoint

Appel lancé pour ne pas perdre les centres de décisions de nos entreprises belges.

L’incendie s’éloigne, mais certains foyers sont encore actifs. C’est en substance le message que nous a envoyé mercredi le Conseil national de sécurité, conseillant à ses concitoyens confinés la patience, le bricolage et le jardinage. Nous aurions aimé plus de perspectives, nous n’en aurons pas avant vendredi prochain. Dont acte.

Nous l’avons vu cette semaine, certaines entreprises ont quand même pris le pli de relancer les machines. Elles ne sont malheureusement pas légion. Et dehors, des pans entiers de notre économie sont en flammes, c’est notre autre incendie, celui de l’après qu’il faudra éteindre au plus vite. Et là aussi, il faudra jouer de stratégie.

La Belgique et ses Régions doivent oser parler protectionnisme, à l’heure où le mot "relocalisation" est sur toutes les lèvres.

On l’a déjà évoqué, les choix seront douloureux. Doit-on aider les plus forts, laisser tomber les canards boiteux? Le débat anime les autorités, les bras financiers publics et l’Economic Risk Management Group. Mais il est une troisième catégorie d’entreprises qu’il nous faut surveiller de près: nos fleurons belges fragilisés, qui eux non plus n’échappent pas à la grande lessive. Et cette question: ne sont-ils pas devenus des oiseaux pour le chat, trop faibles pour résister à des prédateurs internationaux?

L’on songe à des pépites comme Bone Therapeutics, IBA ou EVS, trois entreprises laminées sur les marchés (elles ont perdu 30% à 40% de leurs valeurs). On pense aussi à d’autres fleurons, non cotés ceux-là, comme Sabena Aerospace, fille d’un secteur à terre. Ou encore à des Pairi Daiza, John Cockerill, Wanty, dont l’environnement économique (le loisir, l’industrie lourde, la construction) est également déprimé. Non que ces sociétés citées nous aient montré de quelconques signes de faiblesse. Mais les secteurs dans lesquels elles évoluent laissent entrevoir de lourdes pertes de revenus.

Dans nos pages, le patron de l’Union wallonne des entreprises, Olivier de Wasseige, a raison de s’en inquiéter. Nous devons tout faire pour ne pas perdre le centre de décisions de ces magnifiques entreprises. L'appel est donc lancé aux autorités, à nos business angels, mais aussi à l’épargne des Belges. Aux politiques de canaliser ces ressources. Avec elles, la Belgique et ses Régions doivent oser parler protectionnisme, à l’heure où le mot "relocalisation" est sur toutes les lèvres. L’Allemagne, la France, les Pays-Bas le font. La crise nous a entrainés dans un nouveau monde, celui où nous devons protéger nos pépites économiques de l’incendie qui les guette.

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