Quatre jours pour lancer un essai clinique contre le Covid-19 en Belgique

La Belgique est déjà considérée actuellement comme un pays de prédilection pour les études cliniques. ©AFP

Les études cliniques pour un traitement ou un vaccin contre le Covid-19 pourront être entamées à partir de quatre jours après le dépôt de la demande, contre un délai de quinze jours à un mois actuellement. Les poids lourds du secteur pharma vont par ailleurs contribuer à accroitre la capacité de tests.

En raison de l’urgence de la situation, il ne faudra désormais plus que quatre jours en Belgique pour lancer un essai clinique pour de nouveaux vaccins et traitements contre le COVID-19. C’est ce qu’a annoncé ce samedi matin le gouvernement fédéral suite à une réunion avec les entreprises du secteur.

37.000
Emplois
L'entreprise pharmaceutique belge est un des fleurons de l’économie du pays avec 37.000 emplois

Face au coronavirus, le gouvernement fédéral entend mobiliser la force de frappe du secteur biopharmaceutique belge, qui est un des fleurons de l’économie du pays avec 37.000 emplois de haut niveau et des capacités d’innovation et de production importantes (43 milliards d’euros d’exportations). Jeudi soir, une réunion de concertation a donc eu lieu entre l’exécutif et la plateforme " R&D Biopharma", une initiative qui réunit depuis 2005 plusieurs ministres, des dirigeants des entreprises pharmaceutiques du pays et pharma.be, l’organisation coupole du secteur.

Concrètement, il s’agira d’accélérer les procédures afin de lancer des essais cliniques dans notre pays pour de nouveaux vaccins et traitements contre le COVID-19.  Ceux-ci pourront être entamés à partir de quatre jours après que la demande ait été faite auprès de l'Agence fédérale des médicaments  (AFMPS), alors que la période d’attente actuelle est comprise entre quinze jours et un mois.

Un demi-millier d'études cliniques

La Belgique est considérée comme un pays de prédilection pour les études cliniques en raison des délais d'approbation déjà fort courts, de l'expertise clinique de la communauté académique, et de l'étroite collaboration qui règne entre les entreprises et les centres de recherche universitaires. Plus d’un demi-millier de nouvelles études cliniques (507 en 2018) sont lancées chaque année en Belgique, selon les chiffres de pharma.be. Quelques 1400 essais étaient en cours en 2018. La Belgique occupe la deuxième position au classement européen du nombre d’études cliniques par habitant. Notre pays possède notamment une grande expertise en matière d’oncologie : environ 30 % des demandes d’études cliniques portent sur de nouveaux traitements contre le cancer.

Au même niveau que l'Allemagne

La réunion de jeudi a également permis de valider l’augmentation de la capacité de dépistage en permettant que les tests des patients atteints du COVID-19 puissent avoir lieu dans les laboratoires des sociétés pharmaceutiques. Il est prévu que la capacité totale passe de 2500 à 10.000 tests par jour, ce qui placera proportionnellement la Belgique au même niveau que l’Allemagne.

Les principaux poids lourds du secteur en Belgique -GSK, Janssen, UCB- vont participer à cet effort en réorientant certaines de leurs installations. "Ces dernières semaines, GSK a collaboré de manière approfondie avec les autorités fédérales afin d’augmenter considérablement la capacité de dépistage du COVID-19" a fait valoir Patrick Florent, administrateur délégué de GSK Vaccins, qui a ajouté que l'entreprise pharmaceutique britannique en Belgique "continue d’étudier la possibilité d’élargir encore la capacité de dépistage si nécessaire".

"GSK continue d’étudier la possibilité d’élargir encore la capacité de dépistage si nécessaire".
Patrick Florent
Administrateur délégué GSK Vaccins

 De son côté, Karel Van De Sompel, directeur général de Pfizer Belgique et président de pharma.be a rappelé que Pfizer s’investissait "pleinement pour trouver un antiviral et un vaccin contre le COVID-19. Nous espérons obtenir des résultats cette année encore."

Enfin, lors de la réunion de jeudi soir, des accords ont été obtenus au niveau européen afin d’assurer l’approvisionnement dans notre pays des médicaments dits essentiels.

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